Moins de cosmétiques réduit l'exposition aux perturbateurs endocriniens
Moins de cosmétiques réduit l'exposition aux perturbateurs

Réduire les cosmétiques diminue l'exposition aux perturbateurs endocriniens

Une étude menée par l'Inserm démontre qu'une utilisation limitée de produits de soins permet de réduire significativement l'exposition aux perturbateurs endocriniens en seulement quelques jours. Utiliser moins de cosmétiques entraîne une baisse massive et rapide de la concentration de certains polluants chimiques et perturbateurs endocriniens, comme le bisphénol A, dans les urines chez l'humain. C'est ce que révèle une étude publiée début avril et rendue publique mercredi par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Les détails de l'étude

Selon ces travaux, publiés dans la revue « Environment International » par des chercheurs de l'Inserm, de l'université Grenoble Alpes et du CNRS, la moindre utilisation de produits de soins tels que les shampoings, savons ou maquillage permet de réduire en quelques jours seulement l'exposition du corps à plusieurs substances chimiques. Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont demandé à une centaine d'étudiantes grenobloises âgées de 18 à 30 ans de réduire durant cinq jours le nombre de produits cosmétiques utilisés. Les participantes devaient également remplacer leurs produits d'hygiène habituels par des alternatives fournies par les scientifiques, exemptes de phénols synthétiques, parabènes, phtalates et éthers de glycol.

Une baisse mesurée des concentrations urinaires

Les chercheurs ont ensuite comparé les dosages urinaires réalisés avant et après ces cinq jours de restriction. Le résultat montre une baisse de près d'un quart (-22 %) pour le phtalate de monoéthyle, issu de composés utilisés notamment pour fixer les parfums, ou encore « -30 % pour le méthylparabène, un conservateur et possible perturbateur endocrinien, selon les autorités européennes ». Les scientifiques ont en outre observé une diminution de 39 % de la concentration urinaire de bisphénol A (BPA), classé comme perturbateur endocrinien par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses). Le bisphénol A est soupçonné d'être lié à de multiples troubles et maladies, dont le cancer du sein ou l'infertilité.

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Implications réglementaires

« Le bisphénol A n'est plus autorisé en France depuis 2005 comme ingrédient dans les produits de soin et cosmétiques en raison de son caractère reprotoxique. Sa présence pourrait être liée à des contaminations survenues au cours du processus de fabrication ou via les matériaux d'emballage », précise l'Inserm dans un communiqué. Ces résultats pourraient étayer la mise en œuvre d'une réglementation plus stricte visant la composition des produits de soins ou l'ensemble du processus de production et de conditionnement. Cette étude paraît alors que le Parlement européen doit se prononcer fin avril sur un changement de la réglementation européenne sur les cosmétiques. Ce texte polémique, décrié notamment par l'association de défense des consommateurs UFC-Que choisir, qui dénonce un affaiblissement de la protection des utilisateurs, doit donner aux industriels plus de temps pour retirer de la vente des produits contenant des substances classées cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction.

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