Le Printemps de Bourgailh célèbre la renaissance écologique d'une ancienne décharge
Son marché aux fleurs animé sous les pins maritimes, ses nombreuses animations conçues pour les familles et les quelque 30 000 visiteurs attendus sur l'ensemble du week-end : la Fête du Printemps de Bourgailh illumine une fois de plus l'immense travail de réhabilitation accompli depuis la fermeture définitive de la décharge communautaire, en 1991. « Allez voir, il y a là des pivoines arbustives et des pivoines herbacées ! » Ce conseil d'horticulteur, parmi tant d'autres, résonnait ce samedi 18 avril à l'ombre bienfaisante des pins. Les allées étaient déjà noires de monde, avec de nombreux amateurs de jardinage venus à la rencontre des 40 horticulteurs et pépiniéristes présents pour cette vingtième édition du Printemps de la forêt du Bourgailh, qui se poursuivait le dimanche à Pessac.
Un succès populaire qui ne se dément pas
Ce marché aux fleurs est un incontournable très couru. Si l'édition 2025 avait dû être amputée de sa session dominicale en raison d'une météo défavorable, la précédente avait quant à elle drainé pas moins de 32 000 visiteurs. « Je ne pensais pas qu'il y aurait autant d'exposants », s'étonnait la bien-nommée Fleur, une habituée des lieux venue spécialement d'Eysines avec ses deux jeunes garçons. « On voit clairement que les gens reviennent », se réjouit Sylvie Vieu, présidente de l'Ecosite du Bourgailh, l'association co-organisatrice de l'événement avec la Ville de Pessac. « Ça n'arrête pas, mais c'est aussi une fête qui rend heureux… Les policiers municipaux nous le confirment, l'ambiance est très apaisée. » À ses côtés, Laurent Rousserie, directeur de l'association, abonde dans son sens : « On a vraiment l'impression que les gens chuchotent ici. »
Le marché aux plantes ne fait cependant pas tout le charme de l'événement. La balade est avant tout familiale et pédagogique, avec son lot d'animations à la clé : des ateliers de plantation accessibles « à partir de 3 ans » aux « contes de mère nature » pour les plus petits. Les 40 professionnels présents sont « exclusivement des producteurs », tous implantés dans un rayon maximum de 200 kilomètres, garantissant une démarche locale et responsable.
De la décharge à la forêt urbaine : une métamorphose exemplaire
L'environnement est le fil rouge de ces festivités printanières. Si le succès du Printemps de la forêt du Bourgailh ne cesse de croître – on ne comptait « que » 20 000 visiteurs en 2015 –, l'organisation veille scrupuleusement à ne pas se laisser dépasser par ce que Sylvie Vieu appelle « une logique consumériste ». « Les citoyens peuvent bien sûr acheter des plantes, mais ils peuvent aussi agir concrètement pour la biodiversité », insiste Laurent Rousserie. Cela passe par exemple par se renseigner à l'un des stands associatifs du village écocitoyen, par fabriquer un nichoir ou un gîte à chauve-souris, ou simplement par veiller à laisser « un petit trou dans la palissade » pour faciliter le passage des hérissons.
Cette exigence écologique, l'association Ecosite du Bourgailh la promeut avec ferveur depuis 2003 au cœur de cette forêt urbaine de 110 hectares. Ici, la « reconquête de la biodiversité », selon les mots de Laurent Rousserie, est une réalité tangible. Il y a moins de quarante ans, le site du Bourgailh était encore adossé à une vaste décharge de la Communauté urbaine de Bordeaux. De 1981 à 1991, des tonnes et des tonnes de déchets ménagers y ont été enfouies dans le creux d'une ancienne gravière. Il en reste aujourd'hui cette « colline » caractéristique, qui culmine à 70 mètres d'altitude, désormais entièrement végétalisée et, innovation récente, tapissée de panneaux photovoltaïques.
Des standards d'usage élevés pour préserver la nature retrouvée
D'un paysage de désolation, que bon nombre des visiteurs respirant à pleins poumons ce beau samedi de printemps ignorent totalement, l'association Ecosite a su tirer une expertise précieuse qu'elle valorise désormais bien au-delà des limites du Bourgailh. Cette forêt fait l'objet de standards d'usage particulièrement élevés : les piétons sont strictement cantonnés aux chemins aménagés et les chiens doivent être tenus en laisse. Ces règles, toujours édictées au nom de la protection de la biodiversité, visent à proscrire le piétinement intempestif et la prédation des nids au sol. Le maître mot, comme le résume Laurent Rousserie, est simple : « Éviter les conflits d'usage » entre l'homme et la nature qui a repris ses droits.
L'événement était ouvert le dimanche 20 avril, de 10 à 19 heures, avenue de Beutre à Pessac. Au programme : des ateliers de plantation, un spectacle théâtral, et une offre de restauration sur place pour agrémenter cette journée dédiée au printemps et à la renaissance écologique.



