Incendie de Crans-Montana : l'enquête s'étend à quatre responsables municipaux
L'instruction pénale concernant l'incendie dévastateur survenu dans un bar de la station suisse de Crans-Montana, durant la nuit du Nouvel An, a été élargie à quatre responsables et anciens responsables municipaux. Cette décision, annoncée par le ministère public du Valais le 16 avril 2026, porte désormais à treize le nombre de personnes visées par les investigations.
Le maire nie toute responsabilité malgré les manquements
La commune a officiellement reconnu l'absence de contrôles de sécurité et d'incendie dans l'établissement depuis 2019, des vérifications pourtant obligatoires chaque année. Cependant, le maire actuel, Nicolas Féraud, a catégoriquement nié toute responsabilité lors de son audition. Il a affirmé devant les magistrats ne pas avoir été alerté de ces défaillances et avoir fourni les ressources nécessaires à ses services pour assurer ces contrôles.
L'incendie, déclenché par des étincelles de bougies "fontaine" qui ont enflammé une mousse insonorisante au plafond du sous-sol, a causé un bilan tragique : 41 morts et 115 blessés, principalement des adolescents et de jeunes adultes, dont de nombreux étrangers, notamment des Italiens et des Français. Selon les derniers chiffres de l'Office fédéral de la protection civile, 38 patients restent hospitalisés ou en centre de réadaptation.
Avancement de l'enquête et réactions des parties civiles
Maître Romain Jordan, avocat des parties civiles, a salué l'avancement rapide de l'enquête et le rythme soutenu des auditions, soulignant l'importance de ces progrès pour les familles des victimes. Parallèlement, le ministère public a rejeté une requête de Maître Garen Ucari, avocat d'une famille de victime, qui demandait la nomination de procureurs extraordinaires hors du canton. Le bureau a estimé que les magistrats du Valais disposaient des moyens nécessaires pour garantir une procédure efficace, malgré la dimension "extraordinaire" et "internationale" du drame.
Déjà le 8 avril, la chambre pénale du tribunal cantonal avait rejeté une précédente demande du même avocat, qui reprochait aux procureures en charge de l'enquête "un nombre inédit de graves manquements", incluant l'absence de mesures anticollusion et la lenteur des saisies.
Cette affaire continue de soulever des questions cruciales sur la responsabilité des autorités locales en matière de sécurité publique, alors que les investigations se poursuivent pour établir les circonstances exactes de cette catastrophe.



