Mort de Lyhanna : la gendarmerie a-t-elle failli ?
Le décès de la petite Lyhanna, âgée de 2 ans, survenu le 12 mars dernier à son domicile, soulève de nombreuses questions sur l'attitude des forces de l'ordre. Selon les éléments de l'enquête, la mère de l'enfant a tenté à plusieurs reprises de joindre la gendarmerie, sans succès, alors que sa fille faisait un malaise. Ce n'est qu'après plusieurs appels que les secours sont intervenus, mais il était trop tard. La famille de Lyhanna, soutenue par son avocat, a déposé une plainte pour non-assistance à personne en danger.
Des appels ignorés
Les faits se sont déroulés dans une commune rurale. La mère, paniquée, a composé le 17 à 18h30. La gendarmerie a reçu l'appel, mais n'a pas envoyé d'équipe sur place. Selon les enregistrements, l'opérateur aurait indiqué qu'aucune patrouille n'était disponible. La mère a rappelé à 18h45, puis à 19h10. Entre-temps, elle a contacté le SAMU, qui a dépêché une ambulance, mais l'arrivée des secours a été retardée. Lyhanna a été transportée à l'hôpital, où son décès a été constaté.
Une procédure interne ouverte
La gendarmerie a annoncé l'ouverture d'une enquête interne pour déterminer les circonstances exactes de l'incident. Le colonel de la région a déclaré : "Nous prenons cette affaire très au sérieux. Si des manquements sont avérés, des sanctions seront prises." Cependant, la famille dénonce un manque de moyens et une sous-estimation de l'urgence. "Ils ont cru que c'était un simple caprice, mais ma fille était en train de mourir", a confié la mère, effondrée.
Des précédents inquiétants
Ce n'est pas la première fois que la gendarmerie est accusée de négligence dans des situations d'urgence. En 2022, une enquête de l'IGGN avait déjà mis en lumière des délais d'intervention trop longs dans les zones rurales. Selon un rapport parlementaire, près de 30 % des appels d'urgence en zone gendarmerie ne reçoivent pas de réponse dans les 10 minutes. Les syndicats de gendarmes pointent du doigt le manque d'effectifs et de moyens matériels.
Une enquête judiciaire en cours
Le parquet a ouvert une information judiciaire pour homicide involontaire. L'autopsie de Lyhanna a révélé qu'elle souffrait d'une malformation cardiaque non diagnostiquée. La rapidité de la prise en charge aurait pu sauver l'enfant, selon les médecins légistes. La famille attend désormais que la justice fasse la lumière sur cette tragédie. "Nous voulons que personne d'autre ne vive cela. Les gendarmes doivent être formés à reconnaître une urgence vitale", a déclaré l'avocat de la famille.
Cette affaire relance le débat sur les moyens alloués à la gendarmerie et la formation des opérateurs. Alors que le gouvernement promet des renforts, les associations de victimes réclament des mesures concrètes pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.



