Var : premier centre de soins pour faune sauvage au Pradet en 2027
Var : centre de soins faune sauvage au Pradet en 2027

L'association Totem débute au Pradet la construction du premier centre de soins pour la faune sauvage du Var. L'ouverture est espérée en 2027. En attendant, l'association veille déjà sur les animaux à poil et à plume.

Un projet attendu depuis longtemps

La bâtisse, bien que dans son jus, témoigne d'une belle prestance passée. Sa structure est bonne et le cadre de vie quasiment paradisiaque. C'est ici, au Pradet, au pied de La Colle Noire, que va naître le premier centre de soins de la faune sauvage du Var, une structure qui manque cruellement à ce jour.

« Ce terrain appartient au Conservatoire du littoral, depuis qu'il en a été destinataire via un legs il y a quelques années », raconte Alice Brunet, vétérinaire et présidente de l'association Totem, qui porte le projet. « Depuis, le Conservatoire cherchait ce qu'il pouvait en faire. Une importante rénovation est nécessaire pour pouvoir l'utiliser. En outre, il fallait un projet cohérent avec sa mission. »

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L'association et l'établissement public ont donc conclu une convention d'occupation du site pour trente ans, y ancrant pour trois décennies le havre de soins varois des bêtes à plumes et à poil. « Nous attendions la fin de la période de recours du permis de construire pour nous en réjouir, et c'est désormais chose faite », s'enthousiasme Alice Brunet.

Des infrastructures adaptées

Le site est composé de deux bâtiments de 300 m² chacun, sur un terrain d'environ un hectare. De quoi répondre aux besoins des soigneurs animaliers. « Dans une première phase, nous allons construire des volières, enclos et bassins, et rénover le premier bâtiment, pour y établir différentes salles : une salle d'opération, et des salles de soins différenciées selon les espèces. On ne met pas les rapaces et les passereaux au repos dans la même pièce, cela les stresserait trop ! »

À plus long terme, « si le centre fonctionne bien et, surtout, que les financements suivent », le deuxième bâtiment sera lui aussi rénové. « Si nous obtenons les autorisations nécessaires des services vétérinaires, nous avons en tête qu'il soit plus spécifiquement consacré aux oiseaux d'eau et marins. Aucune autre structure dans la région ne les prend en charge, et les besoins sont énormes. Nous soignons beaucoup de goélands, par exemple. »

Une équipe dédiée

L'équipe en place « dépendra là encore des budgets. L'idée est que je sois la vétérinaire et responsable du centre, et on espère avoir deux soigneurs à temps plein. Avec l'aide, comme aujourd'hui déjà, d'une belle équipe de bénévoles ».

Un financement à trouver

En attente du chiffrage précis du projet, attendu fin mai, « on estime que 1,2 million d'euros seront nécessaires pour tout rénover. Dont 450.000 euros environ pour la première phase ». Une somme conséquente, mais qui n'effraie pas l'association. « Sur les 450.000 euros pour la première phase, la moitié environ est déjà sécurisée. Environ 100.000 euros d'aides publiques – Métropole TPM, Région, Dreal – et un peu plus de 100.000 euros de la part de mécènes. Nous espérons, avec la concrétisation du projet, trouver de nouveaux partenaires, et recevoir de nouveaux dons de la population. Nous lancerons d'ailleurs une grosse opération de crowdfunding, probablement à la rentrée scolaire. »

Période à laquelle l'association espère bien également voir les travaux de rénovation lancés. « Nous espérons pouvoir ouvrir le centre courant 2027 », conclut Alice Brunet.

Un besoin criant dans le Var

Que faire lorsque l'on tombe sur un écureuil blessé, un hérisson mal en point, un passereau devenu incapable de s'envoler ? Ce type de question ne se pose souvent que dans l'urgence, face à la découverte impromptue d'une bête mal en point. Aussi, l'association Totem entend mettre en place un nouveau réflexe parmi la population varoise : composer immédiatement le 04.83.65.02.79, avant même, si possible, d'aborder l'animal.

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« Parfois, en voulant bien faire, on aggrave la situation en rompant par exemple le lien entre un petit et le reste du groupe. C'est souvent le cas, par exemple, d'un faon isolé : c'est une pratique normale, il faut le laisser », explique Alice Brunet. « Et lorsqu'un animal est mal en point, dans bien des cas, les bénévoles répondant au téléphone, formés, prodigueront des conseils de soins et de prises en charge adaptés, sans nécessité de prise en charge vétérinaire. Mais lorsque cela devient nécessaire, alors nous avons besoin de structures ! »

Il y a encore un an, il n'existait dans toute la région qu'un seul centre de soins de la faune sauvage multi-espèces, à Buoux, dans le Vaucluse, géré par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Depuis, celui de Saint-Cézaire a rouvert ses portes. D'autres structures plus spécifiques à certaines espèces sont également présentes, comme le tortupôle de Carnoules. Totem peut aussi compter sur un réseau de cliniques vétérinaires « relais » dans le département. Mais dans le Var, l'absence d'un centre reste criante, particulièrement dans l'aire toulonnaise densément peuplée.

Un centre relais pour les martinets à Cuers

Lors des vagues de canicule, la température sous les toits peut dépasser les 45 voire 50 degrés. Là, pris au piège, les tout jeunes martinets n'ont d'autre choix que de se jeter dans le vide pour fuir la fournaise. L'été dernier, « nous avons reçu des centaines d'appels, notamment après la première grosse vague de chaleur précoce, en juin », observe Alice Brunet. Pour prendre en charge ces oisillons, l'association Totem va remettre en place cette saison un centre relais, installé chez un bénévole, spécifiquement dédié à cette mission. Là, ils seront installés dans de petites cabanes évoquant leurs nids, et surtout seront nourris par les bénévoles toutes les deux heures, voire toutes les heures pour les plus petits, et complémentés en vitamines, jusqu'à ce qu'ils aient retrouvé assez de forces pour reprendre leur envol. Le centre ouvrira le 1er juin à Cuers. En 2025, il a accueilli 375 martinets, et 212 ont été relâchés.

Le centre de Saint-Cézaire a rouvert

À quelques encablures du Var, le centre de soins de la faune sauvage de Saint-Cézaire-sur-Siagne, après avoir fermé début 2025, a rouvert ses portes à l'été. Sous l'égide de l'association Instinct animal-SOS faune sauvage, trois salariés (deux soigneuses, un administratif) et de nombreux bénévoles s'y activent. Depuis six mois, le centre a traité 1 300 animaux et compte 303 pensionnaires. Des espèces diverses et variées : genette, blaireau, cygne, écureuil, hérisson, tourterelle, hibou, petit-duc… « La saison a démarré très fort. Avec la douceur des températures, les migrations d'oiseaux se font de plus en plus tôt. Pareil pour la sortie d'hibernation, alors on ne s'ennuie vraiment pas ! », souffle Natacha, soigneuse.

La structure accueille nombre de pensionnaires venus du Var, comme ce petit-duc scops gardé illégalement captif au Thoronet, ou les Molosses de Cestoni, une espèce hyperprotégée de chauve-souris endémique du Var, nombreuses à avoir niché dans de vieux immeubles de Nice. Or, les peintures anciennes sur ces bâtiments, gorgées de plomb, s'avèrent un poison mortel pour leurs hôtes. Le centre a organisé des expéditions nocturnes pour en récupérer un maximum et les soigner, via une volière spécialement adaptée avec chauffage intérieur. « On en a 28 actuellement. Ça nous donne un boulot monstre car il faut les nourrir à la main, et deux personnes leur étaient affectées à temps plein cet été, avec physiothérapie et médicaments. En quatre mois, elles ont également absorbé pour 4 000 euros de grillons, constate la soigneuse. Mais les efforts semblent payer. À l'issue du protocole que nous avons été les premiers à tester, on devrait bientôt pouvoir les relâcher. »