Une menace silencieuse pour les chauves-souris à Nice
Dans les vieux immeubles de Nice, les Molosses de Cestonie, une espèce de chauve-souris hyperprotégée, font face à un péril invisible et foudroyant : l’intoxication au plomb liée aux peintures anciennes. Face à cette menace qui provoque des kystes mortels, le centre de soins de la faune sauvage de Saint-Cézaire-sur-Siagne a lancé une vaste opération de sauvetage nocturne et teste un protocole de soins inédit. Un combat de tous les instants, très coûteux, qui pousse aujourd’hui l’association à lancer un appel aux dons et à rappeler les bons gestes pour protéger notre biodiversité au quotidien.
Une espèce protégée en danger
Les Molosses de Cestonie, endémiques du Var, ont trouvé refuge dans les vieux immeubles niçois, mais les peintures anciennes gorgées de plomb s’avèrent un poison mortel. « Cela provoque des kystes sur leurs articulations, qui entraînent souvent la mort », explique Natacha, soigneuse au centre. Le centre a donc organisé des expéditions nocturnes pour récupérer les animaux intoxiqués et les soigner dans une volière spécialement adaptée, avec chauffage intérieur.
Un protocole de soins innovant
Actuellement, 28 chauves-souris sont en soins. « Ça nous donne un boulot monstre car il faut les nourrir à la main, et deux personnes leur étaient affectées à temps plein cet été, avec physiothérapie et médicaments. En quatre mois, elles ont absorbé pour 4 000 euros de grillons », constate la soigneuse. Malgré la lourdeur de la tâche, les efforts semblent payer. « À l’issue du protocole que nous avons été les premiers à tester, on devrait bientôt pouvoir les relâcher. »
Appel aux dons et gestes préventifs
Vu l’activité du centre, les cotisations des communes adhérentes et les fonds disponibles ne suffiront pas à couvrir tous les frais. D’où un appel permanent aux dons, financiers comme matériels (pâtés et croquettes pour chien et chat, graines pour oiseaux, aiguilles, compresses, médicaments pour animaux, serviettes de bain…). Mais puisqu’il vaut mieux prévenir que guérir, voici les réflexes à adopter pour préserver notre faune sauvage :
- Rouler moins vite, car des animaux en plein réveil ou en rut peuvent surgir sur la route.
- Avant tout élagage d’arbres, s’assurer qu’il n’y a pas de nids (d’oiseaux comme d’écureuils).
- Même vigilance pour tondre une pelouse, tailler une haie ou jardiner : un hérisson peut être blotti sous un feuillage.
- Coller des stickers sur les baies vitrées pour éviter que les oiseaux ne foncent dedans. « C’est arrivé avec un hibou des marais, qui a piqué sur la façade du Palais des Festivals à Cannes. Son œdème était trop important, on n’a pas pu le sauver… »
- En cas de découverte d’un animal sauvage, ne pas le toucher à mains nues ni l’alimenter, mais appeler immédiatement le centre de soins ou les pompiers. En attendant, placer l’animal dans un carton avec des trous d’aération et une bouillotte pour chaleur apaisante.
Centre de soins de la faune sauvage, 489 route de Draguignan à Saint-Cézaire-sur-Siagne. Tél. : 09.82.73.15.17. Email : sosfaunsauvage06@gmail.com



