Tensions au Moyen-Orient : une escalade diplomatique et militaire
Jeudi, la région du Moyen-Orient a été marquée par une série d'événements majeurs, allant de l'activation de la défense antiaérienne iranienne à des menaces israéliennes, en passant par des violations de trêve au Liban. Voici un récapitulatif des faits marquants.
Défense antiaérienne activée à Téhéran
Dans la soirée de jeudi, la capitale iranienne a connu un épisode de tension après l'activation de systèmes de défense antiaérienne au-dessus de Téhéran, selon des médias locaux. Les agences Tasnim News Agency et Fars News Agency rapportent que ces dispositifs ont été mobilisés pour intercepter de petits aéronefs ainsi que des drones de reconnaissance. Dans un premier temps, les autorités médiatiques s'étaient contentées de signaler leur déclenchement, sans préciser s'il s'agissait d'un exercice ou d'une réponse à une menace réelle. Par la suite, elles ont indiqué que les tirs de riposte avaient duré une vingtaine de minutes avant de cesser.
Le président iranien dénonce le blocus américain
Le président iranien Massoud Pezeshkian a dénoncé le blocus naval imposé par les États-Unis, qu'il considère comme « un prolongement des opérations militaires » visant un pays sanctionné pour sa résistance et son indépendance. Il a également jugé « intolérable » la poursuite de cette mesure. Dans un message publié sur X, il a critiqué un blocus qui menace la stabilité du Golfe, le jugeant « voué à l'échec » et susceptible d'intensifier les perturbations dans la région. Cette prise de position intervient alors qu'un responsable de la Maison-Blanche a laissé entendre que ces restrictions pourraient être maintenues « pendant plusieurs mois ».
Israël n'exclut pas de nouvelles frappes contre l'Iran
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a averti jeudi que l'État hébreu pourrait être amené à intervenir de nouveau face à l'Iran, afin d'empêcher toute résurgence d'une menace à son encontre. S'il a salué les « efforts » menés en coordination avec les États-Unis, il a toutefois estimé, lors d'une cérémonie militaire, qu'une nouvelle action pourrait s'avérer nécessaire à court terme pour garantir l'atteinte de ces objectifs.
L'Iran promet un avenir sans les États-Unis
À l'occasion de la journée nationale « Golfe persique », le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé que la maîtrise du détroit d'Ormuz par Téhéran ouvrirait la voie à une nouvelle ère régionale, débarrassée de l'influence américaine. Dans un message diffusé sur X, il a déclaré : « Aujourd'hui, en contrôlant le détroit d'Ormuz, l'Iran offrira à lui-même et à ses voisins […] un avenir libéré de la présence et de l'ingérence américaines ».
Le guide suprême évoque une « défaite honteuse » des États-Unis
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, a estimé jeudi que les États-Unis avaient connu une « défaite honteuse », dans un message écrit diffusé par la télévision d'État. « Aujourd'hui, deux mois après le plus grand déploiement militaire et l'agression menés par les tyrans de ce monde dans la région, et après la défaite honteuse des États-Unis, un nouveau chapitre s'ouvre » pour le Golfe et le détroit d'Ormuz, a-t-il déclaré. Toujours convalescent après avoir été blessé lors de frappes, le dirigeant n'a toujours pas fait d'apparition publique depuis son accession au pouvoir.
Le Liban dénonce les violations israéliennes de la trêve
Le président libanais Joseph Aoun a dénoncé jeudi les « violations persistantes » de la trêve par Israël, appelant la communauté internationale à exercer des pressions pour garantir le respect du droit international. Selon un communiqué de la présidence, il a affirmé que les infractions israéliennes se poursuivaient dans le sud du pays malgré le cessez-le-feu, évoquant notamment des destructions d'habitations et un bilan humain en hausse. Ces déclarations interviennent alors que de nouvelles frappes israéliennes, qualifiées de meurtrières par un média officiel, ont touché plusieurs localités du sud dans la journée de jeudi. Le chef de l'État libanais a insisté sur la nécessité d'obliger Israël à se conformer aux accords en vigueur, en mettant fin aux attaques visant des civils ainsi que des équipes de secours, près de deux semaines après l'entrée en vigueur de la trêve le 17 avril.
Impact sur les marchés pétroliers
Les cours du pétrole ont connu une forte volatilité jeudi, portés par les tensions autour du détroit d'Ormuz. En milieu d'après-midi, le prix du baril de Brent pour livraison en juin perdait 3,58 % à 113,80 dollars, après être monté plus tôt en séance à 126,41 dollars, son plus haut depuis quatre ans. Les conséquences économiques et diplomatiques du conflit ne cessent de s'aggraver, avec une inquiétude persistante des marchés.



