Les produits alimentaires à base de cannabidiol (CBD) – huiles, tisanes ou bonbons – seront interdits en France à partir du 15 mai. La Direction générale de l’alimentation (DGAL) a décidé d’appliquer strictement la réglementation européenne, selon plusieurs sources.
Une décision qui suscite la colère des professionnels
Du côté des professionnels, la colère est immédiate. « On trouve ça complètement aberrant », réagit Paul Maclean, représentant de l’Union des professionnels du CBD (UPCBD). « Cette position que prend la DGAL tue une filière agricole et risque de tuer plus de 2 000 boutiques spécialisées qui se trouvent en centre-ville ».
Une règle européenne désormais appliquée
Le CBD n’est pas totalement interdit pour autant. Les produits à fumer ou les liquides pour cigarettes électroniques restent autorisés. Mais dès le 15 mai, les formes alimentaires ne bénéficieront plus d’aucune tolérance. Selon Paul Maclean, la DGAL a prévenu la filière mi-avril.
Au cœur du problème, le règlement européen « Novel Food ». En vigueur depuis 1997, il impose une autorisation préalable pour les aliments qui ne sont pas traditionnellement consommés dans l’Union européenne. Or, à ce jour, les produits alimentaires contenant du CBD n’ont pas obtenu ce feu vert.
Des agriculteurs inquiets
Les acteurs du secteur dénoncent une décision lourde de conséquences. « On peut prendre du CBD, mais on peut juste ne pas le prendre sous forme alimentaire, ce qui n’a absolument aucun sens », s’agace Paul Maclean. Selon le ministère de l’Agriculture, ces produits représentent 40 % du chiffre d’affaires des boutiques spécialisées.
Même inquiétude du côté du monde agricole. La Confédération paysanne évoque « une menace directe sur la filière ». « Des centaines de producteurs et productrices, de paysans et paysannes, de fermes diversifiées, de circuits de commercialisation en cours d’installation et de projets en circuits courts se retrouvent aujourd’hui en danger », estime le syndicat, qui critique une mesure favorisant les grands acteurs capables de financer les démarches d’autorisation.
La DGAL n’a pas répondu dans l’immédiat aux sollicitations, mais le gouvernement doit s’exprimer dans les prochains jours. De son côté, l’UPCBD affirme « étudier les recours » contre cette « interprétation très restrictive » de la réglementation européenne.



