Coup de tonnerre dans l'univers du cannabidiol (CBD) : les produits alimentaires à base de CBD, tels que les huiles, tisanes et bonbons, seront interdits en France à partir du 15 mai. Cette décision fait suite à l'application d'une réglementation européenne concernant les "nouveaux aliments".
Une décision qui suscite l'incompréhension
Paul Maclean, représentant de l'Union des professionnels du CBD (UPCBD), a exprimé son indignation auprès de l'AFP : "On trouve ça complètement aberrant". La Direction générale de l'alimentation (DGAL) a en effet décidé d'appliquer strictement le règlement européen "Novel Food", qui impose une autorisation préalable pour tout aliment non traditionnellement consommé dans l'Union européenne. Or, les produits alimentaires contenant du CBD n'ont pas encore obtenu cette autorisation.
Une filière menacée
Selon Paul Maclean, cette position "tue une filière agricole et risque de tuer plus de 2 000 boutiques spécialisées en centre-ville". Il déplore que le CBD à fumer ou sous forme de liquide pour cigarettes électroniques reste autorisé, alors que les formes alimentaires sont visées. "On peut prendre du CBD, mais on peut juste ne pas le prendre sous forme alimentaire, ce qui n'a absolument aucun sens", s'est-il agacé.
La Confédération paysanne, troisième syndicat agricole, a également dénoncé "une menace directe sur la filière". Dans un communiqué, le syndicat estime que "des centaines de producteur·rices, de paysan·nes, de fermes diversifiées, de circuits de commercialisation en cours d'installation et de projets en circuits courts se retrouvent aujourd'hui en danger". Selon eux, la décision privilégie les modèles industriels, car obtenir une dérogation au règlement européen est très coûteux et seuls les gros acteurs peuvent déposer des dossiers.
Un flou juridique persistant
Sollicitée par l'AFP, la DGAL n'a pas répondu dans l'immédiat, mais le ministère de l'Agriculture a précisé que le gouvernement communiquera dans les prochains jours. Le CBD alimentaire représente 40 % du chiffre d'affaires des magasins de CBD, selon Paul Maclean, qui conteste "l'interprétation très restrictive" de la réglementation européenne. "C'est une réglementation européenne qui ne s'impose pas. Les États ont le choix de ne pas l'appliquer", affirme-t-il, ajoutant que l'UPCBD "étudie les recours".
Cette interdiction intervient dans un contexte où les intoxications au CBD se multiplient, notamment dans le sud de la France, en raison de produits contenant des substances interdites. Des affaires récentes ont mis en lumière des modifications de la teneur en THC, suscitant l'inquiétude des autorités sanitaires.



