Une comédie sur le plaisir au féminin, sans tabou
Il fallait oser. Convaincre Alexandra Lamy et François Cluzet, acteurs populaires, de s'engager sur un projet délicat exigeait de la conviction. Et ne pas tomber dans la vulgarité sur un tel sujet n'était pas gagné d'avance. Reem Kherici, transfuge de la Bande à Fifi, délaisse l'esprit cartoon de son précédent film pour revenir sur l'invention du Womanizer en 2008.
En toute logique, vu l'objet, le film parle de sexualité, mais évite les blagues faciles pour se concentrer sur les déboires d'un couple de quinquagénaires traditionnel, marié depuis vingt ans, sans tromperie et toujours amoureux.
Un objet révolutionnaire
« Quand le Womanizer est arrivé, ça a été une révolution car il ne ressemble pas à l'homme, il n'a pas la forme phallique. Cet objet nous permet aussi de connaître notre corps, ce qui n'est souvent pas le cas parce qu'on a honte. Comment est-il possible d'en parler à son partenaire ? », s'interroge Alexandra Lamy. Elle insiste sur l'impact du film lors des avant-premières : « Le fait qu'il y ait de l'humour déculpabilise. On voit les femmes lever la main pour dire qu'elles ont des sextoys à la maison alors qu'elles se cachaient au début. C'est extraordinaire. »
Un film presque pédagogique
La réalisatrice appelle à libérer la parole et à oser la communication avec son partenaire, même si cela peut être douloureux. La séquence où l'homme apprend qu'il n'a jamais fait jouir sa femme illustre le propos. Touché dans sa virilité, il devient à l'écoute pour trouver une solution. François Cluzet commente : « C'est là où commence le couple. Par amour, on ne passe pas ces lignes-là. On se regarde dans les yeux et on cherche l'accord des corps. Cette œuvre est presque pédagogique, elle relève du service public. Il n'y a pas d'exhibitionnisme ni de voyeurisme. »
Des situations cocasses
Riche en situations drôles, notamment avec leur fille qui trouve des sextoys en construction ou une virée en voiture sur des pavés, le film fait travailler les zygomatiques tout en posant les bonnes questions. Les deux stars françaises se prêtent au jeu et semblent s'amuser follement, même si la réalisation manque parfois d'inspiration et l'image trop lumineuse rappelle la télévision.
« Pour le plaisir », de Reem Kherici. Avec Alexandra Lamy, François Cluzet, Mitty Hazanavicius. Durée : 1 h 29. En salles ce mercredi 6 mai.



