Grève des trains en Espagne : trois jours de protestation après les accidents mortels
Grève des trains en Espagne après les accidents mortels

Les conducteurs de train espagnols ont lancé trois jours de grève pour protester contre la dégradation alarmante des infrastructures et le manque criant de financement. Ce mouvement de colère intervient après les deux accidents ferroviaires tragiques survenus en janvier dernier, qui ont coûté la vie à 47 personnes. Les syndicats, dont le CCOO, ont décidé de durcir le ton face à ce qu'ils qualifient de négligence systémique.

Perturbations majeures dans les gares principales

Malgré l'obligation légale d'assurer jusqu'à 75% des trains de banlieue aux heures de pointe et 50% le reste de la journée, la circulation a été sévèrement perturbée. À la gare madrilène d'Atocha, le chaos a régné particulièrement entre 7h et 8h, heure cruciale pour les échanges entre la capitale et sa banlieue. Les quais étaient bondés, et les voyageurs, partagés entre solidarité et agacement, ont reçu des tracts du syndicat CCOO appelant à la « compréhension et au soutien ».

Barcelone : une gare inhabituellement vide

À l'inverse, la principale gare de Barcelone, Sants, présentait un tableau bien plus vide qu'un jour normal. Les écrans affichaient des annonces de trains supprimés et de retards. À l'entrée des trains de banlieue, la fréquentation était faible, accentuant une tendance observée ces dernières semaines : les usagers se montrent de plus en plus méfiants face aux retards et annulations à répétition.

Les accidents récents : un signal d'alarme

Le tract du syndicat CCOO souligne avec force : « Les accidents récents ne sont pas des faits isolés : ils sont la conséquence de décisions qui privilégient les coupes et la fragmentation du service au détriment d'un chemin de fer public, sûr et bien géré. » Cette déclaration fait écho aux tragédies de janvier.

Le 18 janvier, la collision entre deux trains à grande vitesse à Adamuz, dans le sud du pays, a provoqué la mort de 46 personnes. Deux jours plus tard, à Gelida, en Catalogne, un autre déraillement a causé la mort d'un conducteur et blessé plusieurs passagers. Ces accidents ont suscité des interrogations profondes sur l'état du réseau ferroviaire espagnol et provoqué la lassitude des employés, qui affirment que leurs plaintes concernant l'état des voies ne sont pas prises en compte.

Un appel à l'action pour la sécurité ferroviaire

La grève de trois jours vise donc à alerter les autorités et le public sur les risques encourus. Les conducteurs et les syndicats exigent des investissements urgents pour moderniser les infrastructures et garantir la sécurité des passagers et du personnel. Cette mobilisation s'inscrit dans un contexte plus large de préoccupations croissantes concernant la maintenance et le financement des transports publics en Espagne.

Les perturbations attendues pour les prochains jours devraient continuer à affecter les déplacements, notamment dans les régions de Madrid et de Catalogne. Les voyageurs sont invités à se renseigner sur les horaires et à prévoir des alternatives, tandis que les syndicats maintiennent leur pression pour obtenir des engagements concrets en matière de sécurité et de financement.