Nice révèle ses trésors cachés au-delà de la Promenade des Anglais
Nice, la capitale de la Côte d'Azur, est mondialement célèbre pour sa Promenade des Anglais, ses palaces luxueux et ses façades Belle Époque. Cependant, sa topographie unique, entre mer Méditerranée et collines encerclantes, offre une palette d'activités bien plus riche que les simples plaisirs nautiques et ses plages de galets emblématiques. Entre son patrimoine baroque d'origine italienne et les flux artistiques contemporains, la ville s'affirme comme un pôle culturel de premier plan, dont les merveilles méritent d'être découvertes au-delà des attractions touristiques les plus connues.
Plongée baroque au Palais Lascaris
Dans le Vieux Nice, derrière une façade discrète de la rue Droite, se cache le Palais Lascaris, un joyau baroque qui appartenait à l'une des grandes dynasties aristocratiques du XVIIᵉ siècle. Les visiteurs y découvrent un escalier monumental typique de l'époque, de délicates fresques et des salons fidèlement reconstitués. La visite révèle également une riche collection d'instruments de musique historiques. Ce palais constitue l'un des rares témoignages de cette époque où Nice appartenait au Duché de Savoie, les autres palais ayant été transformés en immeubles d'habitation ou bâtiments administratifs. Adresse : 15, rue Droite.
Un vignoble urbain sur les collines
Nice accueille sur ses collines un vignoble réputé, classé en Appellation d'Origine Protégée (AOP), unique en France par son développement en milieu urbain – les vignes de Montmartre à Paris étant plus symboliques. Le Château de Bellet propose des visites guidées et des dégustations, offrant de jolis paysages de campagne sur les hauteurs de la ville. Les visiteurs peuvent même jouer à la pétanque au sein du domaine et découvrir une charmante chapelle du XIXᵉ siècle. Aux beaux jours, des apéritifs sont organisés chaque vendredi, et il est possible de pique-niquer avec des paniers préparés par l'équipe du château, garnis de fromage, charcuterie et autres produits frais. Adresse : 482, chemin de Saquier.
Shopping responsable chez Ici Concept Store
Cette petite boutique met en avant le local et les marques écoresponsables, se distinguant dans un paysage commercial dominé par les grandes enseignes. On y trouve notamment le label Grand Atelier de Virginie Tissinié, dont le vestiaire est réalisé à partir de tissus d'exception inutilisés par de grandes maisons de couture. Chaque pièce est unique, avec une attention particulière portée aux chemisiers élégants. La boutique propose également des parfums, des cosmétiques et d'autres lignes de vêtements responsables. Adresse : 24, rue Tonduti de l'Escarène.
Vue imprenable depuis l'Observatoire de la Côte d'Azur
Perché sur le mont Gros, l'Observatoire de la Côte d'Azur, avec sa silhouette blanche caractéristique, est visible de loin. L'ascension offre une vue superbe sur la baie des Anges et au-delà. Des visites organisées de deux heures, à réserver sur le site, proposent un programme thématique riche. L'édifice, auquel ont contribué Charles Garnier et Gustave Eiffel, est d'une grande beauté architecturale, notamment sa coupole intérieure. À son inauguration au XIXᵉ siècle, sa lunette d'observation était la plus grande de l'époque.
La secrète chapelle du Saint-Sépulcre
Le Vieux Nice est réputé pour son chapelet d'églises baroques. La moins connue, la chapelle du Saint-Sépulcre – aussi appelée chapelle des Pénitents bleus –, se situe sur la place Garibaldi, au premier étage d'un immeuble discret. Édifiée entre 1782 et 1784 par Antoine Spinelli, elle est classée aux monuments historiques depuis 2000. Ses riches ornements racontent l'histoire de Nice, entre invasions turques – dont témoignent des boulets de canon – et influence des ducs de Savoie. Adresse : 7, place Garibaldi.
La pizzeria préférée de Joann Sfar
Enfant du pays, l'auteur de la bande dessinée Le Chat du rabbin chérit la pizzeria Cresci, où il se rendait enfant avec son père et qu'il cite régulièrement dans ses œuvres. Cette maison familiale, qui fête ses 70 ans cette année, a peu changé : on y sert d'excellentes pizzas au feu de bois, une savoureuse salade niçoise et des pâtes au pistou, le tout en plein centre-ville. Adresse : 34, rue Masséna.
La villa Arson, épicentre de l'art contemporain
Sur la colline Saint-Barthélémy, la villa Arson réunit l'une des écoles d'art les plus réputées de France, un centre d'art contemporain, des résidences d'artistes et une médiathèque. Né dans les années 1960 de la volonté d'André Malraux et Max Querrien, ce projet vise à créer un lieu de transmission et de création. L'architecte Michel Marot conçoit l'ensemble entre 1967 et 1970 comme un paysage construit de terrasses et de jardins, inauguré en 1972. Labellisé « Architecture contemporaine remarquable » en 2003, le site abrite des œuvres extérieures de Dan Graham ou Bertrand Lavier et accueille de nombreuses expositions temporaires. Adresse : 20, avenue Stephen-Liegeard.
L'herboristerie de l'hôtel du Couvent
L'hôtel du Couvent, établissement 5 étoiles niché dans un ancien ensemble religieux sur la colline du château, abrite un estaminet de toute beauté, ouvert aux non-résidents. Inspiré par la tradition des sœurs Clarisse cultivant des plantes médicinales, ce lieu comprend également une boutique dans le Vieux Nice. Sous la direction de Grégory Unrein, docteur en pharmacie, les visiteurs sont guidés selon leurs besoins thérapeutiques. À proximité, une boulangerie artisanale complète l'expérience. Adresse : 1, rue Honoré-Ugo.
Modernités au musée Marc-Chagall
Autre lieu cher à Joann Sfar, le musée Marc-Chagall est situé sur la colline de Cimiez. En 1969, le ministre de la Culture André Malraux décide de construire un écrin pour accueillir et préserver le cycle du Message biblique après la donation de Marc Chagall à l'État. L'architecte André Hermant conçoit un bâtiment au service des œuvres, influencé par Perret et Le Corbusier. Le Message biblique regroupe dix-sept grandes toiles peintes entre 1956 et 1966, inspirées de la Genèse, de l'Exode et du Cantique des cantiques. Les collections se sont enrichies de centaines d'œuvres données par l'artiste et son épouse. Adresse : Avenue du Docteur-Ménard.
Boire un verre à l'hôtel Windsor
L'hôtel Windsor, le plus atypique de la ville, cache un jardin secret où il est agréable de s'attabler en toute saison. Son restaurant et son bar sont ouverts à tous. Les lieux sont profondément liés à l'art, les propriétaires entretenant des liens étroits avec la villa Arson et des artistes niçois comme Ben Vautier. L'hôtel est peuplé d'œuvres dans les chambres et parties communes. Raymond Hains y a habité trois ans, et l'une de ses œuvres, un « ready made », est présente dans la chambre 40. Pour les amateurs, les chambres 22 et 23 abritent respectivement des travaux de Claude Viallat et des dessins de Glen Baxter. Adresse : 11, rue Dalpozzo.