Le chèque en tant que moyen de paiement des impôts est sur le point de disparaître définitivement. Pour les professionnels, cette suppression interviendra dès ce mois de mars. Concernant les particuliers, le ministère de l'Économie et des Finances a fixé un objectif clair : d'ici la fin de l'été 2027, ils devront avoir adopté d'autres modes de règlement, comme le rapporte Le Monde.
Une évolution inéluctable des habitudes de paiement
Cette décision s'inscrit dans une tendance de fond observée depuis des années. En France, la part des transactions effectuées par chèque a connu un déclin spectaculaire. Alors qu'elle représentait encore 37,5 % du total en 2000, elle peine désormais à atteindre les 2 %. Les Français privilégient massivement des alternatives plus modernes et pratiques.
La carte bancaire, les virements et les applications mobiles ont progressivement remplacé le chèque, simplifiant et fluidifiant les opérations financières au quotidien. Le ministère a pris acte de cette évolution des comportements, qui rend le maintien du chèque de moins en moins justifiable sur le plan économique et logistique.
Une rationalisation des infrastructures publiques
Amélie Verdier, la directrice générale des finances publiques, a expliqué les raisons de cette accélération. "La question se posait de réinvestir ou non dans cet outil. En conscience, j'ai donné la priorité à d'autres investissements, et choisi d'accélérer la décrue du chèque", a-t-elle déclaré.
Cette orientation stratégique a déjà conduit à des fermetures concrètes. Les centres de traitement de Lille et de Créteil ont cessé leurs activités en 2023. Une partie de leurs missions a été confiée à un prestataire privé français, marquant une étape importante dans cette transition.
Le centre de Rennes, dernier bastion voué à la fermeture
Actuellement, le traitement restant est géré par le centre de Rennes. Cependant, son matériel est jugé obsolète et son avenir est déjà scellé. Sa fermeture est programmée pour l'été 2027, coïncidant avec la fin du contrat avec le prestataire privé.
À cette date, la direction générale des finances publiques espère ne plus avoir de chèques à traiter. Pour y parvenir, elle compte sur la promulgation de la loi de finances, prévue pour fin février. Un de ses articles supprimera explicitement le recouvrement par chèque pour les derniers impôts professionnels.
Des adaptations déjà en cours
Parallèlement, des modifications sont déjà entreprises sur les factures et autres documents officiels. L'objectif est d'effacer progressivement toute mention de la possibilité de payer par chèque. En remplacement, d'autres moyens de paiement seront mis en avant.
La plateforme européenne Wero pourra notamment être utilisée, illustrant le virage vers des solutions numériques et harmonisées au niveau continental. Cette transition s'inscrit dans une modernisation globale des services fiscaux.
Les inquiétudes des syndicats face à cette transition
Cette décision ne fait pas l'unanimité et suscite des préoccupations parmi les organisations syndicales. Elles redoutent les difficultés que cette suppression pourrait créer pour certaines catégories de la population.
Les personnes âgées, les ménages défavorisés ou ceux sans compétence numérique pourraient se trouver en difficulté face à cette évolution. L'accès aux services publics ne doit pas devenir un obstacle pour les plus fragiles.
À ces inquiétudes s'ajoute la crainte pour l'emploi. Les agents du centre de Rennes pourraient voir leurs postes disparaître avec la fermeture annoncée. Face à ces interrogations légitimes, la directrice générale se veut rassurante.
Des garanties apportées aux employés et aux usagers
Concernant les agents, Amélie Verdier a précisé qu'ils seraient prioritaires pour obtenir d'autres postes au sein de l'administration. Une mesure destinée à atténuer l'impact social de cette fermeture.
Pour les usagers réticents ou en difficulté avec les nouveaux moyens de paiement, une solution de repli existe. Ils pourront toujours se rendre chez leur buraliste pour effectuer leurs règments, préservant ainsi un accès physique et humain aux services fiscaux.
Cette transition vers la fin du chèque pour les impôts marque donc une étape significative dans la modernisation des finances publiques, tout en cherchant à préserver l'accompagnement des citoyens les plus éloignés du numérique.