Yannick Bru, nouveau manager de Bayonne, garde l'exigence du terrain
Yannick Bru, manager exigeant à Bayonne

Après avoir passé dix ans en tant qu'adjoint, l'ancien entraîneur des avants de Toulouse et du XV de France officie désormais en tant que manager à l'Aviron Bayonnais. Avec la même exigence, assure-t-il. On ne pourra pas lui reprocher de ne pas avoir essayé.

Un manager proche du terrain

Hier matin, lors de la mise en place qui se déroulait à Jean-Dauger à la veille de la réception de Brive, Yannick Bru a tenté de se poster en tribunes pour prendre de la hauteur par rapport à l'organisation collective de son équipe. Combien de temps a-t-il tenu ? Cinq minutes ? Peut-être dix ? Tout au plus… Le nouveau manager de l'Aviron Bayonnais n'a pas résisté bien longtemps à la tentation de rallier le bord de terrain. « Il n'est pas un manager du haut du bureau », observe le troisième ligne et désormais capitaine, Antoine Battut. « Il est en survêt avec nous, il a le sifflet, il est là. » On a pu le constater… À l'évidence, on ne se débarrasse pas aussi simplement de vieilles habitudes tenaces.

Entraîneur des avants toulousains pendant cinq saisons (2007-12), avant de prendre en charge ceux de l'équipe de France (2012-17), le Gersois aime être au plus près du terrain. Il n'hésite d'ailleurs pas à l'avouer, après cinq années passées auprès de la sélection tricolore, « ça (lui) manquait d'avoir une équipe au quotidien ».

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Devenir numéro 1

Sur les bords de la Nive, Yannick Bru a assouvi cette envie en prenant la succession de Pierre Berbizier. Tout comme il réalise l'ambition de devenir numéro 1 d'un staff après avoir passé dix ans dans la peau d'un adjoint. « Ce n'était pas une obsession, mais une suite logique », nuance-t-il : « J'ai emmagasiné de l'expérience. Au bout d'un moment, c'est normal que je monte d'une marche. »

Si l'ancien entraîneur des Bleus, jusqu'à l'éviction de Guy Novès en décembre dernier, sait pertinemment que le climat peut rapidement devenir tumultueux dans le petit monde du rugby basque, il compte certainement sur la solidité du binôme qu'il forme avec Philippe Tayeb, le président du club, pour stabiliser l'Aviron. « Yannick, c'est mon ami de 25 ans, confirme ce dernier. On déjeune régulièrement ensemble, on se voit tous les soirs, on se passe des coups de fil tous les jours. Mais uniquement au sujet du bien-être des joueurs. Qu'on soit clair, Yannick, c'est le patron du sportif. »

Un staff renforcé

Un patron qui a bien évidemment une idée bien précise de ce qu'il veut mettre en place : « Avant de penser à critiquer les joueurs, on a cherché à leur offrir le meilleur service possible. On a un staff qui est étoffé et dense. » Vincent Etcheto (arrière), en charge plus largement de l'animation offensive, et Joël Rey (avants) sont toujours là. Éric Artiguste quant à lui intervient deux jours par semaine sur la défense. Ces techniciens sont épaulés par deux analystes vidéo qui décortiquent la moindre séance d'entraînement et par une équipe de quatre préparateurs physiques pilotée par Ludovic Loustau, arrivé cet été en provenance de Bordeaux-Bègles.

La « méthode » Bru

« Ludo, c'est un préparateur physique qui est axé sur le déplacement des joueurs, détaille Yannick Bru. On a essayé d'augmenter l'intensité de ce côté-là. » Les joueurs n'ont pas été surpris, témoigne Antoine Battut : « Yannick avait attaqué la première réunion en disant qu'on était là pour jouer un rugby athlétique : ça passait forcément par une bonne préparation physique. Je pense que ça décrit bien la méthode de Yannick. »

Du travail donc. Mais encore ? « Tout ce qu'on fait est très calibré. Le joueur est au centre de tout : ses ''métrages'' par minute, sa charge de travail, son état de fatigue, l'intensité des séances… La planification amène à avoir des joueurs les plus frais possible. Il ne faut pas que les entraîneurs se rassurent en allongeant les séances et en les vidant de leur explosivité et de leur fraîcheur. »

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Plus qu'une méthode Bru, il s'agit là de la mise en application des standards de préparation qui ont cours dans l'élite actuellement. Le manager bayonnais ne le nie pas, ces préoccupations ne lui sont pas propres : « Tous les clubs se posent les mêmes questions. » Mais il refuse l'idée qu'il faille adapter ces « process » à un effectif de deuxième division. « Ces joueurs, on les entraîne de la même manière que ceux du Stade Toulousain ou de l'équipe de France, on leur donne les mêmes moyens. On a abaissé aucun curseur ici. » Si l'Aviron ambitionne de se qualifier, et au passage de faire mieux que la huitième place récoltée la saison dernière pour son retour en Pro D2, c'est bien le minimum.