Le dirigeant de Montpellier HSC, Laurent Nicollin, est revenu en détail, jeudi 7 août, sur les problèmes financiers que connaît le club et les solutions qu'il envisageait pour en sortir. Comme pour tous les clubs français qui ne bénéficient pas de riches propriétaires, l'argent sera une fois de plus le nerf de la guerre cette saison. Et il ne faut pas encore compter sur les droits TV (3 millions d'euros au MHSC) pour les aider à équilibrer les budgets… Surtout quand, comme Montpellier, on descend en Ligue 2.
Une relégation vue comme un moindre mal
Et pourtant, Laurent Nicollin verrait presque d'un bon œil cette relégation au niveau financier. "On serait resté en Ligue 1, je pense que vu la situation actuelle on aurait déposé le bilan", assène-t-il, quelques mois après avoir déjà révélé dans ces colonnes la menace, écartée grâce aux ventes hivernales (Adams, Nordin, Tamari). "Parce que les salaires ont baissé en Ligue 2. En restant en Ligue 1, personne ne serait parti parce qu'ils n'auraient jamais trouvé un salaire plus important. On serait à moins 30 millions d'euros. Donc, il faudrait vendre pour 30…"
Là, malgré les difficultés, le MHSC a pu présenter un budget de 29 millions d'euros, faire des efforts sur les salaires de Julien Laporte et Alexandre Mendy, recruter Mathieu Michel mais aussi se faire prêter Nathanaël Mbuku, Naoufel El Hannach et Victor Orakpo, en attendant d'autres renforts à venir.
L'ouverture de capital confiée à une banque d'affaires
"Maintenant, il faut qu'on vende au maximum, qu'on réduise beaucoup la masse salariale. On a un projet sur 2-3 ans pour cela et qu'elle soit de 5 millions d'euros", détaille le président du MHSC. Un gros chantier sachant que l'année dernière, elle représentait 90 % du budget, alors de 35 millions d'euros. Avec le départ de gros salaires, Montpellier a déjà fait des économies mais n'aurait pas passé le cap de la Direction nationale de contrôle et de gestion (DNCG) sans l'apport de la holding Nicollin.
"On réfléchit pour que le club de foot lui coûte le moins d'argent possible. Malheureusement, chaque année, il faut mettre la main à la poche", ne cache pas Laurent Nicollin. Celui-ci avait annoncé en février 2025 sa volonté d'ouvrir le capital à des investisseurs extérieurs. Une "révolution" toujours d'actualité. "On a eu beaucoup d'appels quand c'est sorti. En septembre, avec la banque d'affaires, on va voir s'ils sont sérieux ou pas. Le but est toujours d'ouvrir le capital", détaille le président montpelliérain.
"Je suis sûr que je ne vais pas faire ça toute ma vie"
"Le but c'est de donner tous les documents administratifs et bien 'vendre' l'état d'esprit et la philosophie du club. La finalité c'est de s'ouvrir aux gens. On verra s'il y en a qui sont intéressés pour acheter quelque chose", poursuit-il. "En fonction de ce que sortira la banque d'affaires, on verra ce qu'on fera ou pas. Dans l'idéal, ça serait d'avoir peut-être un, deux ou trois actionnaires pour nous soutenir." Le projet et la volonté semblent s'inscrire davantage sur le long terme que dans l'immédiat.
L'avenir, justement, Laurent Nicollin est affirmatif lorsqu'il évoque son cas personnel. "Je suis sûr que je ne vais pas faire ça toute ma vie."



