La députée MoDem de la 6e circonscription des Yvelines, Maud Petit, a livré un témoignage poignant sur son histoire personnelle d'abus sexuel subi dans l'enfance. Dans un entretien accordé à M Le Mag, elle raconte comment ce traumatisme l'a poussée à s'engager en politique pour défendre les droits des enfants.
Un secret longtemps gardé
Maud Petit explique avoir été victime d'abus sexuels de la part d'un proche de sa famille entre l'âge de 8 et 12 ans. Pendant des décennies, elle a gardé ce secret, n'osant en parler à personne, même à ses proches. Ce n'est qu'en 2021, lors des débats sur la loi visant à protéger les mineurs des violences sexuelles, qu'elle a ressenti le besoin de briser le silence. "J'ai réalisé que je ne pouvais pas continuer à me taire, que mon expérience pouvait servir à faire évoluer les choses", confie-t-elle.
Une loi pour allonger les délais de prescription
La députée a été particulièrement active dans l'élaboration de la loi du 21 avril 2021 visant à protéger les mineurs des crimes et délits sexuels et de l'inceste. Cette loi a notamment allongé le délai de prescription pour les viols sur mineurs de 20 à 30 ans après la majorité de la victime. Selon les chiffres du ministère de la Justice, environ 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France, dont 70 % dans un cadre intrafamilial.
Un combat personnel devenu politique
Pour Maud Petit, ce combat est devenu central dans son mandat. Elle a co-présidé le groupe d'études sur les violences faites aux enfants à l'Assemblée nationale. "Chaque fois que je vois une affaire d'inceste ou de pédocriminalité, je ressens une douleur physique, mais aussi une détermination à agir", explique-t-elle. Elle milite notamment pour la création d'un "parquet spécialisé" dans les violences intrafamiliales et pour une meilleure formation des professionnels de l'enfance.
Des avancées mais encore des lacunes
Malgré les progrès législatifs, Maud Petit estime qu'il reste beaucoup à faire. "La parole des enfants est encore trop souvent mise en doute. Il faut que les mécanismes de signalement soient plus efficaces et que les sanctions soient à la hauteur", insiste-t-elle. Elle cite le cas de sa propre famille : son agresseur n'a jamais été poursuivi, faute de preuves suffisantes. "C'est une injustice qui me hante, mais elle me pousse à me battre pour que d'autres n'aient pas à vivre cela."
Un message d'espoir pour les victimes
En conclusion, la députée adresse un message aux victimes : "Ne restez pas seules. Parlez, cherchez de l'aide. La honte n'est pas pour vous, mais pour les agresseurs." Elle rappelle l'existence du numéro d'urgence 119, Allô Enfance en Danger, qui a reçu plus de 40 000 appels en 2023. Son combat, douloureux mais nécessaire, illustre comment une expérience personnelle peut devenir un moteur pour changer la société.



