La députée de la Loire-Atlantique Sandrine Josso, l’ancien Premier ministre Michel Barnier et l’association #MendorsPas appellent à la création d’une journée mondiale contre la soumission chimique le 27 juin. « On a pensé à une journée qui vise à sensibiliser au niveau national, européen et mondial », explique Sandrine Josso à 20 Minutes. Malgré plusieurs avancées sur le sujet ces douze derniers mois, comme l’entrée du terme dans le Larousse ou le remboursement intégral des examens de biologie médicale dans certaines régions, « la soumission chimique n’est toujours pas assez connue », déplore la députée.
Une réponse internationale nécessaire
L’emploi de ce terme s’est largement répandu lors de la médiatisation du procès de Dominique Pelicot, condamné à vingt ans de réclusion criminelle pour avoir drogué, violé et livré à des dizaines d’hommes son ex-épouse pendant des années. Sandrine Josso, elle-même victime de soumission chimique de la part de l’ex-sénateur Joël Guerriau (condamné à dix-huit mois de prison en janvier 2025 pour lui avoir administré de la MDMA à son insu), avait remis en mai 2025 un rapport gouvernemental contre ce fléau.
« Depuis, on continue de recevoir des témoignages tous les jours », confie l’élue, qui travaille avec l’association #MendorsPas, fondée par Caroline Darian, fille de Gisèle Pelicot. « Face à ce phénomène, une réponse collective et internationale est impérative. Avec la création d’une journée mondiale, nous voulons faire émerger une prise de conscience collective un peu partout, précise Sandrine Josso. Il faut continuer à faire de la prévention, du berceau à l’Ehpad. »
Le choix stratégique du 27 juin
La date n’est pas anodine. « On trouvait qu’une journée mondiale contre la soumission chimique le 27 juin s’inscrivait dans la continuité de la Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite de drogues déjà fixée le 26 juin, explique la députée. Sans narcotrafic, on a moins de produit sur le marché » pour alimenter « ce fléau ». La date coïncide aussi avec le début de la période estivale, où les risques s’accroissent. « Les prédateurs sont dans une belle saison, c’est terrible », pointe-t-elle.
En France, les journées nationales sont reconnues par décret, tandis que les journées mondiales le sont par les organisations internationales. Les initiateurs mèneront des démarches aux niveaux national et européen pour que cette journée acquière une reconnaissance officielle, précise un communiqué de la députée et de l’association #MendorsPas. « Pour le moment, l’objectif est de mobiliser », ajoute Sandrine Josso.



