Le personnel du service Hospitalisation à domicile (HAD) de l’hôpital de Grasse était en grève ce jeudi 28 mai pour dénoncer ses conditions de travail. « En ce moment, elles sont vraiment en sous-effectif », expliquent Candice Julou et Nathalie Guilleminot, représentantes CGT. « Elles ont 25 % de patients de plus par rapport à 2024, pour le même effectif. » Ce qui engendre, in fine, des retards et des annulations de soins pour les patients.
Des patients témoignent
« Je connais bien le service et j’ai vu vraiment la dégradation ces dernières années et surtout ces derniers mois », appuie Françoise, patiente suivie par l’HAD depuis 5 ans. « Il y a des problèmes de régularité d’horaire, des problèmes de changement de personnel. Il y a un turnover d’effectifs sur des périodes qui sont déstabilisantes et inconfortables pour les patients. »
Manque de personnel et d’assistance sociale
Les aides à domicile dénoncent aussi l’absence d’assistance sociale. « Avant-hier, on a appris qu’on avait le droit à une assistante sociale tous les 15 jours, qui n’est jamais utilisée puisque jusqu’à présent nous n’étions pas au courant », lance Océane, au service HAD depuis 6 ans. « Mais nous, on demande un temps plein, parce qu’en ayant des patients à domicile, on a énormément de problèmes sociaux : des patients qui n’ont pas d’électricité, qui sont obligés d’avoir des cuisines de fortune au premier étage parce qu’ils ne peuvent pas descendre les escaliers… » Quant aux psychologues, « on en a deux qui peuvent se déplacer, faire des consultations téléphoniques… pour les familles, pour les proches, etc. C’est très important, sauf qu’il n’y a plus personne et que l’hôpital ne recrute pas. »
Des conditions de travail stressantes
Parmi les griefs, le personnel évoque aussi des véhicules non adaptés ou hors d’état, et une réponse de leur direction pas à la hauteur. Un « mur de la honte » a été installé devant l’hôpital, regroupant certaines des réponses qui ont pu leur être oralement faites : « On va voir jusqu’où vous pouvez aller » ; « Si vous êtes épuisés c’est parce que vous êtes dans le même service depuis trop longtemps » ; « vous n’avez pas l’air d’être en souffrance ». Cette situation pèse sur le moral et la santé du personnel soignant du service HAD. « Elles ont l’impression qu’elles font mal leur travail. Elles sont stressées, anxieuses », développent des problèmes d’insomnie et « vont travailler la boule au ventre ».



