Six personnes ont été blessées, dont une grièvement, et 65 autres ont été placées en garde à vue après des violences survenues jeudi soir à Paris, impliquant une centaine de supporters de l'OGC Nice. Ces incidents se sont produits à quelques heures de la finale de la Coupe de France, sous haute surveillance policière.
Un affrontement violent quai de Valmy
Vers 23h30 dans le 10e arrondissement, une centaine de supporters niçois ont déambulé le long du Canal Saint-Martin avant de déclencher une rixe aux abords du Quai Valmy, pour un motif encore inconnu. Des vidéos montrent des personnes masquées, vêtues de noir, criant et jetant des chaises sur la devanture du bar L'Atmosphère. Malgré les dégradations, le café a rouvert vendredi matin.
Une habitante de 57 ans, Anne, a raconté à l'AFP avoir entendu de « gros bruits » et des « cris », pensant d'abord à du tapage habituel. Descendue dans la rue, elle a vu le café « où tout était renversé » et « un homme à terre ». « Maintenant je réalise ce qu'étaient les cris, c'était comme des cris de guerre. Ça fait peur, c'est un peu chaud », a-t-elle confié.
Enzo Garcia Sanchez, serveur de L'Atmosphère, a décrit la scène : « Ils sont arrivés d'en face, on a vu plein de gens arriver, ça criait et les clients ont commencé à avoir peur. On a essayé de fermer les portes comme on a pu, c'était un peu le chaos. Tout le monde a essayé de se cacher derrière les tables, derrière le bar, pendant qu'ils saccageaient le restaurant. » Selon lui, « ils étaient juste là pour casser ».
Six blessés et 65 interpellations
Le bilan fait état de six blessés, dont un grièvement. La police a interpellé 65 personnes, placées en garde à vue notamment pour « participation à un groupement en vue de commettre des violences ». Parmi elles figurent quatre mineurs. Sur les lieux, ont été retrouvés des gants coqués, des protège-dents et des cagoules à l'effigie de l'OGC Nice. Un couteau à pain avec une lame de 20 cm et des traces de sang a également été découvert.
Des slogans « Ultra, hooligan »
Selon la préfecture, il s'agit de branches radicales du supporterisme, souvent affiliées à l'extrême droite. Sur une vidéo, on entend scander « Ultra, hooligan ! ». Le serveur confirme que les individus criaient « des trucs sur le foot ». Certaines victimes seraient de simples badauds sans lien avec le supporterisme. Le club de Nice a condamné des comportements « absolument inacceptables » et appelé à la responsabilité.
Réactions politiques et mesures
La ministre des Sports Marina Ferrari a déploré « une honte pour l'image du football et du supporterisme », annonçant des mesures. La Fédération française de football a également condamné ces actes. Le maire de Paris Emmanuel Grégoire a affirmé que Paris « ne laissera aucune place aux groupuscules d'extrême droite ». Le député Thomas Portes a parlé de « descente sur Paris d'une milice néonazie ».
Un important dispositif policier de plus de 2 000 agents sera déployé pour la finale. La préfecture de Seine-Saint-Denis a interdit la vente et la consommation d'alcool aux abords du Stade de France.



