L'ancien président de la République a échangé avec des étudiants, des lecteurs et des abonnés de Midi Libre pendant 90 minutes. Un dialogue riche sans esquiver aucun sujet. Voici les impressions de cette rencontre.
Une parole libérée
"Et bien voilà, la parole se libère !" François Hollande parlait depuis plus d'une heure quand il a accueilli avec bonhomie une dernière salve de questions pour lesquelles personne ne ménageait vraiment son propos. L'ancien chef de l'État avait accepté le principe, en ce jeudi après-midi caniculaire, de rencontrer environ 80 étudiants, lecteurs et abonnés de Midi Libre au siège du journal.
Dernier président de gauche élu
Roué à l'exercice, qu'il prise comme nul autre, le dernier président de gauche élu n'a esquivé aucun sujet, évité aucun débat, ni usé de langue de bois. Une fois expédiée la question de sa candidature à l'élection présidentielle (on ne saura rien de plus sinon qu'il entend "se préparer"), il a quand même su distiller ses messages sur le rendez-vous majeur de 2027, sur l'importance du choix qu'il faudra effectuer, et sur la responsabilité de chacun.
"Je suis resté le même"
Mais sa maîtrise de la rhétorique n'empêche pas que ce qu'il tait s'avère souvent au moins aussi intéressant que ce qu'il verbalise. Et quand il vante, en réponse à une question sur le leadership au sein du parti socialiste, "le besoin d'incarnation en politique", et qu'il explique, à contre-cœur, que "le RN, lui est incarné, par deux personnes", et que "LFI est incarné par Mélenchon", difficile de ne pas comprendre qu'en creux, il déplore un déficit en la matière au sein de son parti de cœur.
Le public savoure, pas forcément unanimement, mais dans sa variété, il apprécie. Un étudiant en master de communication à l'université Paul-Valéry, un directeur de maison de retraite, un "socialiste désabusé" ou "une socialiste qui y croit encore", un enseignant en sciences, tous le sollicitent, à tous il répond sans ambages.
"Les farfelus qui peuvent être élus"
Sur la présidentielle donc, ou la situation au sein du parti socialiste, sur Emmanuel Macron ou sur la situation internationale, sur "les farfelus qui peuvent être élus" ou sur les vertus de la démocratie, ou encore, en vrac, sur la fonction présidentielle, ou l'actualité en Syrie, il se prêta au commentaire, à l'analyse, à la réflexion. Faisant fi des petits gestes de son entourage l'invitant à se presser, car l'ex-premier secrétaire du parti socialiste avait d'autres rendez-vous à honorer en cette journée passée à Montpellier.
Quelques dernières questions, puis une photo de groupe, enchaînée sur des selfies, des apartés avec d'anciens et fidèles militants, et il lui faut finalement quitter les locaux du siège de Midi Libre. Il est attendu ailleurs. Tout juste avait-il eu le temps de se dévoiler un peu, après que le dessinateur de notre titre, Man, lui a offert son portrait sur la forme d'une caricature où il apparaît dédoublé. Un brin nostalgique, il s'en amuse : "Alors, ça c'est moi avant, et ça, c'est moi maintenant ? Mmm... Contrairement à d'autres politiques qui affirment avoir changé, moi pas. Je suis resté le même. C'est l'époque qui a changé."



