La canicule recule, mais les hôpitaux restent sous pression
La vague de chaleur amorce son reflux ce week-end en France, mais les conséquences sur le système de santé persistent. Matignon a prévenu : « Si la canicule recule, ses effets sur la pression sur le système de santé, eux, restent devant nous », citant les risques de déshydratation, décompensations et hospitalisations différées.
Paris et Toulouse en première ligne
L’AP-HP (hôpitaux publics parisiens) rapporte une hausse de 80 % des appels au Samu à Paris et dans sa petite couronne cette semaine, où le plan blanc d’urgence sanitaire a été déclenché. L’adjoint au maire de Paris chargé de la Santé, Antoine Alibert, a évoqué une « saturation exceptionnelle » des établissements parisiens, visible dans « les brancards qui s’accumulent dans les couloirs » sur France Info.
Au CHU de Toulouse, la CGT alerte sur des couloirs et patios transformés en « véritables fours », avec « des locaux à 33°C » où le personnel travaille « comme pendant la Covid avec les moyens du bord ». À l’hôpital Hautepierre de Strasbourg, FO a déclenché un droit d’alerte après des malaises de quatre soignants, dont une a dû être perfusée, avec une température relevée à 33°C.
Des décès évitables et un bilan incertain
Malgré le recul de la canicule, 37 départements restent samedi en vigilance rouge. La brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) s’attend à une activité soutenue dans les prochains jours, avec un gros millier d’appels quotidiens supplémentaires pour hypothermies et complications de pathologies installées, selon son porte-parole Nicolas Flies.
Antoine Alibert a souligné que la canicule « fait mourir, hélas, des personnes qui ne devraient pas mourir », « de 40, de 50 ans » qui « sont chez elle, isolées », pointant un « angle mort » des décès à domicile. Les secours ont imputé à la chaleur la mort de deux hommes dans le Nord : un homme de 36 ans a fait un arrêt cardiaque lors de travaux en extérieur, et un autre de 54 ans a été retrouvé chez lui par les pompiers.
Hausse d’activité dans le funéraire
La déléguée générale de la fédération nationale du funéraire, Elisabeth Charrier, constate « une hausse d’activité » par rapport à un mois de juin normal, mais « aucune chambre funéraire n’est saturée » pour l’instant. La surmortalité liée à la chaleur est difficile à évaluer rapidement ; selon Santé publique France, la canicule a tué environ 5 700 personnes en France en 2025.
Le directeur général de l’AP-HP, Nicolas Revel, s’est montré mesuré sur France Inter, estimant que le nombre de morts « serait en réalité assez faible et n’aura rien à voir » avec la canicule de 2003, grâce aux progrès dans la prise en charge.



