Le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, a présenté ce mercredi un plan d'adaptation des logements aux pics de chaleur, doté de 1,5 milliard d'euros sur cinq ans. L'objectif est de mieux protéger les Français des canicules à répétition, alors que le pays a connu une hausse de 1,7 °C par rapport à l'ère préindustrielle.
Un constat alarmant
Selon une étude du ministère, 40 % des logements français sont considérés comme « inconfortables » en période de forte chaleur, notamment dans les zones urbaines denses. Les personnes âgées et les enfants sont les plus vulnérables, avec un risque accru de mortalité lors des épisodes caniculaires. « Il y a une urgence à agir, car les canicules vont devenir plus fréquentes et plus intenses », a déclaré Vincent Jeanbrun.
Les mesures phares du plan
Le plan comprend plusieurs volets. D'abord, un soutien financier renforcé pour l'installation de protections solaires extérieures (stores, volets, brise-soleil) et de systèmes de ventilation naturelle. Ensuite, la création d'un « diagnostic de confort d'été » obligatoire lors des transactions immobilières, afin d'informer les acheteurs et locataires sur la performance du logement face à la chaleur. Enfin, une expérimentation de « îlots de fraîcheur » dans les copropriétés, avec des espaces verts et des fontaines.
Des aides pour les ménages modestes
Le ministre a insisté sur la nécessité de cibler les ménages les plus précaires. Une prime de 1 000 euros sera accordée aux foyers aux revenus modestes pour financer des travaux d'adaptation, dans le cadre de MaPrimeRénov'. « Nous devons faire en sorte que la transition écologique ne soit pas un facteur d'inégalités », a-t-il souligné.
Un calendrier ambitieux
Le plan sera déployé progressivement à partir de 2027. L'obligation du diagnostic de confort d'été entrera en vigueur en 2028, tandis que les aides financières seront disponibles dès 2027. Le gouvernement prévoit de rénover 200 000 logements par an d'ici 2030, contre 70 000 actuellement.
Les réactions des associations
Les associations de défense des consommateurs et de l'environnement ont salué l'initiative, mais jugent le budget insuffisant. « 1,5 milliard d'euros sur cinq ans, c'est un premier pas, mais il faudra au moins le double pour répondre à l'ampleur du défi », estime la Fondation Abbé Pierre. De son côté, le secteur du bâtiment se dit prêt à répondre à la demande, mais alerte sur le manque de main-d'œuvre qualifiée.



