Publicité Edito. Les ambitions d'Éric Ciotti ne faiblissent pas. Le nouveau maire de Nice garde un œil sur la présidentielle de 2027. Avec son parti, l'UDR, il compte peser dans l'alliance conclue il y a deux ans avec le Rassemblement national.
Un retour politique inattendu
Qui aurait pu imaginer qu'Éric Ciotti se relèverait aussi vite de son coup de force rocambolesque de juin 2024 ? La main tendue sans concertation au Rassemblement national de celui qui était alors patron de LR. Puis la fermeture du siège des Républicains à Paris pour empêcher la tenue d'un bureau politique extraordinaire. Avant de mettre en scène en vidéo son fort Chabrol dans son bureau à la suite de son exclusion. Cette tragi-comédie aurait pu plomber l'avenir de l'élu azuréen. D'autant que la défaite du RN aux législatives l'a privé d'un ministère qui lui était promis.
Deux ans après, sa cote n'a jamais été aussi haute, renforcée par sa victoire à Nice et l'état de grâce dont il bénéficie encore. La perte des Jeux olympiques d'hiver 2030 n'a en rien écorné sa popularité auprès d'une majorité de Niçois craignant que les olympiades ne leur coûtent plus qu'elles n'auraient rapporté à la ville. Il est même revenu cette semaine sur une de ses promesses de campagne, ne pas construire de palais des expositions et des congrès près de l'aéroport — un projet de la municipalité de Christian Estrosi — sans que cela ne fasse de vagues.
Une stratégie de confrontation
Comme à son habitude, il rend coup pour coup, parfois avec une certaine brutalité, à ses contradicteurs les plus coriaces comme ce fut le cas avec le président de la Région Renaud Muselier sur le dossier des JO. Il continue également de canonner ses anciens amis LR fustigeant leur alliance gouvernementale avec les macronistes et se faisant l'ardent promoteur de l'union des droites. Profitant d'une candidature Retailleau à la présidentielle qui ne décolle pas et des rivalités au sein des LR, il engrange quelques prises de guerre. Dernière en date : la patronne de la fédération LR des Bouches-du-Rhône.
Quel avenir pour Ciotti ?
Est-il pour autant voué à autre chose qu'un destin de supplétif du RN dans le cadre d'un drôle d'attelage, les deux alliés en phase sur le régalien (sécurité et immigration entre autres) n'ayant pas grand-chose en commun sur le programme économique et notamment sur les retraites ? Après avoir pris bien soin d'occulter cette divergence, le patron de l'UDR change de posture en organisant le 16 juin une convention sur ses propositions économiques. « Nous voulons qu'elles s'insèrent dans le projet que portera l'année prochaine Marine Le Pen ou Jordan Bardella à l'élection présidentielle, et que je soutiendrai », a-t-il confié au JDD.
Éric Ciotti joue-t-il déjà la carte Jordan Bardella aux positions moins « sociales » que celles de Marine Le Pen ? Quoi qu'il en soit, il réaffirme qu'il faudra compter avec lui dans un an.



