Accord de paix Iran-États-Unis : signature imminente à Genève
Accord de paix Iran-États-Unis : signature imminente

Alors que le Pakistan venait d’annoncer la signature d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran dans les 24 heures, Téhéran rectifie et table plutôt sur « les prochains jours ». L’accord doit mettre fin au conflit en cours au Moyen-Orient et devrait être signé à Genève.

Ce qu’il faut retenir

Un accord de paix imminent entre les États-Unis et l’Iran pourrait être signé électroniquement dès le dimanche 14 juin, probablement à Genève, pour rouvrir le détroit d’Ormuz et lever les sanctions américaines. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a annoncé ce samedi 13 juin que cette signature initiale sera suivie de discussions techniques dès la semaine prochaine, notamment sur le programme nucléaire iranien. Malgré ce rapprochement, les forces américaines ont abattu des drones iraniens menaçants dans le détroit d’Ormuz, tandis qu’Israël refuse d’être lié à ce protocole et poursuit son offensive militaire au Liban.

L’Iran temporise sur la date de signature

L’Iran a exclu, ce samedi 12 juin, toute signature dans les prochaines 24 heures d’un protocole d’accord avec les États-Unis pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient, selon l’agence de presse gouvernementale Irna. « Nous devons attendre pour connaître la date exacte de la signature. Ce ne sera pas demain » dimanche, a déclaré à Irna le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, tablant plutôt sur « les prochains jours ». Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le gouvernement assure la médiation entre l’Iran et les États-Unis pour mettre fin à leur guerre, avait déclaré plus tôt qu’un accord de paix serait « probablement » finalisé dans les 24 heures.

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Réactions iraniennes et américaines

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a déclaré que même si des modifications de l’accord restaient possibles, l’accord provisoire montrait que son pays était sorti plus fort du conflit. « L’Iran est le vainqueur de la guerre contre les États-Unis », a-t-il déclaré, vendredi 12 juin, à la télévision d’État. Quelques heures après ces déclarations, les forces américaines ont abattu plusieurs drones d’attaque iraniens se dirigeant vers le détroit d’Ormuz, a indiqué à Reuters une source proche du dossier.

Sur quoi portent les négociations ?

Cette source, sous couvert d’anonymat, a précisé que les drones représentaient une menace pour le trafic maritime commercial. Le commandement central américain a confirmé l’opération par la suite et a déclaré que la voie navigable était rétablie. Le protocole d’accord proposé prévoit la réouverture du détroit d’Ormuz et la levée du blocus américain contre les ports iraniens, selon des sources des deux parties. Des négociations concernant le programme nucléaire iranien, pourtant présenté par le président américain Donald Trump comme le principal motif pour justifier le déclenchement de la guerre, interviendraient par la suite.

Le haut responsable américain, qui s’est également exprimé sous couvert d’anonymat, a déclaré, ce vendredi à la presse que l’accord irano-américain attendu répondait aux principaux objectifs de Donald Trump et plaçait les négociations « dans une très, très bonne situation ». Le protocole d’accord, rendu public dans ses grandes lignes vendredi par des sources occidentales, pakistanaises (le Pakistan jouant un rôle de médiation dans les négociations) et iraniennes, a suscité le courroux de Donald Trump, qui a qualifié ces informations d’inexactes. Il a cependant par la suite salué la position du chef de la diplomatie iranienne. Abbas Araqchi a déclaré que l’Iran, de concert avec Oman, conserverait le contrôle du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, qui, avant le déclenchement de la guerre, permettait le transit d’environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz. « Notre épée planera toujours au-dessus du détroit d’Ormuz », a-t-il déclaré.

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La question du programme iranien dans un second temps

Selon une source occidentale, l’accord pourrait être signé dès ce dimanche 14 juin, Genève étant considéré comme le lieu le plus probable. Abbas Araqchi a précisé que la signature se ferait à distance avant l’annonce officielle. Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, et son homologue suisse, Ignazio Cassis, se sont entretenus samedi. Ils se sont félicités des progrès accomplis dans les pourparlers et sont convenus de rester en contact étroit, a indiqué le ministère pakistanais des Affaires étrangères dans un bref communiqué. Aucun autre détail n’a été fourni.

Selon plusieurs sources, les termes préliminaires présentés à Reuters indiquent que les États-Unis commenceraient à débloquer des milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés et lèveraient les sanctions sur ses exportations de pétrole, en échange de l’ouverture du détroit par l’Iran. Le programme nucléaire iranien sera abordé lors de négociations d’une durée de 60 jours. Selon un responsable américain, l’accord aboutira à terme au démantèlement du programme nucléaire iranien, avec la destruction de son stock d’uranium hautement enrichi.

L’État hébreu marque son désaccord

Mais Abbas Araqchi a déclaré que l’Iran, qui, selon certaines sources, n’a pas accepté le démantèlement de son programme nucléaire, souhaitait conserver l’uranium sous forme diluée. Le protocole d’accord inclut également des discussions sur d’éventuelles réparations de guerre pour Téhéran et l’abandon des exigences américaines de longue date concernant la limitation du programme balistique iranien, selon les sources. Un responsable américain a contesté cette version. « Leur argent ne sera débloqué qu’après obtention de résultats. Le détroit d’Ormuz restera ouvert. Aucun financement iranien de groupes terroristes ne sera accordé », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que son pays ne serait pas partie prenante du protocole d’accord. Ces dernières semaines, il s’est opposé à Donald Trump, qui souhaite que l’État hébreu cesse son offensive militaire au Liban afin de permettre à Washington de parvenir à un accord avec Téhéran. Abbas Araqchi a déclaré que le protocole d’accord mettrait fin à la guerre au Liban, sous-entendant un retrait israélien des zones occupées.