Visite du premier ministre indien sur la Côte d'Azur : "Aucun accord ne doit être passé avec l'Inde", met en garde un collectif de gauche niçois
La venue sur la Côte d'Azur, ce dimanche, du premier ministre indien Narendra Modi, ulcère Viva ! Le collectif niçois de gauche dénonce la dérive autoritaire de "la plus grande démocratie du monde".
Les flatteries diplomatiques ne sauraient occulter la violation des Droits de l'Homme. La réception en grande pompe du chef d'État indien Narendra Modi, par Emmanuel Macron, ce dimanche 14 juin 2026 sur la Côte d'Azur, indigne le collectif citoyen Viva ! Le mouvement de gauche niçois s'inquiète de la dérive autoritaire de "la plus grande démocratie du monde". "Accueillir un dirigeant à la politique néofasciste […] revient à banaliser ces dérives." En ce sens, "aucun accord ne doit être passé avec l'Inde tant que la situation des droits humains n'est pas radicalement modifiée".
Suprémacisme et nationalisme hindou
Cette visite intervient en effet dans un "contexte de dégradation grave et continue des libertés fondamentales en Inde, abondamment documentée par des organisations internationales indépendantes." Depuis l'élection du premier ministre en 2014, Amnesty International – qui a dû fermer ses portes dans le pays en 2020 – Human Rights Watch et la Fédération internationale pour les droits humains alertent sur la montée du suprémacisme hindou. Le durcissement d'une politique nationaliste et autoritaire entraîne "la marginalisation systématique des minorités musulmanes, la répression des voix critiques et l'étranglement de la société civile", relève le collectif.
Persécutions des minorités ethniques et religieuses
À titre d'exemple – la liste exhaustive est une nuit sans fin – une loi a été votée en 2019 pour faire de la religion un critère facilitateur à l'obtention de la nationalité indienne, "excluant explicitement les populations musulmanes qui subissent islamophobie permanente, démolitions punitives de biens immobiliers, lynchages en quasi-impunité, boycotts économiques organisés, discours de haine institutionnalisé…" Le groupe militant ne manque pas de rappeler que "les communautés traditionnellement marginalisées, les Dalit (intouchables) et les Adivasi (peuples autochtones)" sont régulièrement la cible de violences populaires ou institutionnelles, tout en étant "privées de justice et de protection équitable".
Au paroxysme de ces répressions se trouve la région du Cachemire, à la croisée des appétits territoriaux de la Chine et du Pakistan. Depuis 2019, l'autonomie constitutionnelle de la zone sous administration indienne a été supprimée et ses droits suspendus. Écrire ces lignes, en Inde, serait certainement passible de poursuites judiciaires, a minima. Reporter Sans Frontières place le pays à la 157e place (sur 180) de son Classement mondial de la liberté de la presse 2026. Les cas de journalistes, universitaires, artistes et activistes emprisonnés, intimidés, voire assassinés, se comptent par dizaines.



