À moins de deux ans de l'échéance de 2027, les manœuvres souterraines s'intensifient dans le paysage politique français. Deux figures émergent avec une stratégie commune : éviter les primaires de leur propre camp. Gabriel Attal, ancien Premier ministre, et Laurent Retailleau, président des Républicains, incarnent ce que certains appellent une « feinte Trinité ».
Attal : le pari de l'évidence
Gabriel Attal, 35 ans, mise sur sa jeunesse et sa popularité relative pour s'imposer comme le candidat naturel de la macronie. Son calcul est simple : ne pas participer à une primaire ouverte qui pourrait diviser le camp présidentiel. Il préfère une désignation en interne, par consensus, pour éviter les fractures. Ses proches affirment qu'il est « le seul à pouvoir rassembler au-delà du bloc macroniste ».
Retailleau : la stratégie du contournement
Chez Les Républicains, Laurent Retailleau, 63 ans, joue une carte similaire. Il veut éviter une primaire qui pourrait profiter à un candidat plus à droite ou plus centriste. Sa méthode : verrouiller l'appareil du parti et s'imposer comme le champion de la droite traditionnelle. Il multiplie les déplacements en province et les prises de position fermes sur l'immigration et la sécurité.
Une Trinité qui cache des ambitions
L'expression « feinte Trinité » fait référence à la volonté de ces deux hommes de faire comme si leur candidature était inéluctable, tout en ignorant les autres prétendants. Pour Attal, le principal obstacle reste Édouard Philippe, qui pourrait aussi briguer l'investiture. Pour Retailleau, c'est Xavier Bertrand, qui n'a pas renoncé à ses propres ambitions.
Cette stratégie comporte des risques. En refusant les primaires, Attal et Retailleau s'exposent à des accusations de manque de démocratie interne. De plus, une candidature imposée pourrait affaiblir leur légitimité en cas de second tour. Les sondages montrent que les Français sont majoritairement favorables à des primaires pour départager les candidats.
Les réactions des concurrents
- Édouard Philippe : « Les Français ont le droit de choisir. Les primaires sont un moment de vérité. »
- Xavier Bertrand : « Je n'ai pas peur du débat. Que chacun se présente et que le meilleur gagne. »
- Marine Le Pen : « Pendant que la macronie et la droite s'entre-déchirent, nous préparons l'alternance. »
L'enjeu pour 2027 est de taille : qui parviendra à incarner une alternative crédible à Marine Le Pen, donnée favorite dans les sondages ? Attal et Retailleau espèrent que leur stratégie de l'évitement les mènera à l'Élysée. Mais la route est semée d'embûches.



