Près d’un an après le retour de la consigne du verre pour réemploi dans les supermarchés, l’ONG Zero Waste déplore ce jeudi 11 juin 2026 une mise en œuvre en deçà des ambitions initiales de la part des industriels, des distributeurs et de l’éco-organisme Citeo. L’expérimentation du dispositif « ReUse » à grande échelle dans un grand quart nord-ouest de la France (Pays de la Loire, Bretagne, Normandie et Hauts-de-France) n’a pas tenu ses promesses.
Un nombre de magasins participants inférieur aux prévisions
Le directeur général de Citeo, Jean Hornain, avait annoncé 80 magasins participants au lancement et tablait sur 750 avant la fin de l’année 2025. Or, « ReUse ne compte aujourd’hui que 350 magasins dans son dispositif », selon Zero Waste, qui déplore une mise en œuvre « insuffisamment ambitieuse » par les acteurs, qu’il s’agisse des distributeurs, des industriels ou de Citeo. Cet éco-organisme, entreprise à but non lucratif financée par les industriels, vise à réduire les déchets et leur pollution.
Peu de références et des prix élevés
Outre le faible nombre de magasins proposant ce système de consigne, Zero Waste déplore le peu de références réemployables disponibles en rayons, « neuf en moyenne dans chaque magasin participant », alors que Citeo tablait sur plusieurs dizaines. Les écarts de prix sont parfois importants : les produits en emballages réemployables peuvent être « jusqu’à trois fois plus cher » que leurs équivalents jetables, hors montant de la consigne. De plus, les consommateurs manquent d’information et les machines de déconsignation sont « difficilement repérables ».
Un retard français sur le réemploi
Cette initiative, qui vise à inciter les consommateurs à rapporter leurs emballages vides pour lavage et réemploi moyennant remboursement de la consigne, a vocation à s’étendre à la France entière. Elle doit donner un coup de pouce au réemploi des emballages, pour lequel la France accuse un retard considérable. Moins de 2 % des emballages sont aujourd’hui réemployés, selon le réseau Vrac et réemploi, alors que la loi Agec (anti-gaspillage économie circulaire) visait 10 % d’emballages réemployés d’ici 2027.
Les distributeurs reconnaissent des difficultés
« On n’est pas encore en vitesse de croisière, on a encore des choses à apprendre », a concédé Bertrand Swiderski, directeur RSE du groupe Carrefour, interrogé par l’AFP. Seulement 8,3 % des magasins de l’enseigne se sont engagés dans l’opération, selon le bilan de Zero Waste. Mais ReUse n’est qu’une des « huit expérimentations » dans le réemploi menées par Carrefour dans près de 20 % de ses magasins au plan national, souligne M. Swiderski, persuadé que les différentes initiatives finiront par « converger ».
À ce stade, Citeo ne souhaite pas faire de commentaires, donnant rendez-vous fin juin pour présenter son bilan sur des données consolidées sur douze mois.



