Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a déclaré le 30 juin 2026 qu'Israël resterait dans le sud du Liban « tant que le Hezbollah nous menace ». Cette annonce, faite lors d'une visite aux troupes stationnées à la frontière, marque une escalade rhétorique dans le conflit qui oppose les deux pays depuis des décennies.
Une présence militaire prolongée
Netanyahou a précisé que les forces israéliennes ne se retireraient pas tant que le Hezbollah, le mouvement chiite libanais soutenu par l'Iran, n'aurait pas été désarmé ou neutralisé. « Nous ne permettrons pas que des roquettes soient tirées sur nos villes du nord. Tant que la menace existera, nous resterons », a-t-il affirmé devant un parterre de soldats. Selon l'armée israélienne, plus de 15 000 soldats sont actuellement déployés dans une zone tampon de 5 à 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais, établie après l'offensive de 2024.
Réactions du gouvernement libanais
Le gouvernement libanais a immédiatement condamné cette déclaration. Le Premier ministre Najib Mikati a qualifié l'occupation de « violation flagrante de la souveraineté libanaise » et a appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à intervenir. « Nous exigeons un retrait immédiat et inconditionnel des forces israéliennes », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Beyrouth. La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), qui compte environ 10 000 casques bleus, a exprimé sa « profonde inquiétude » et rappelé que la résolution 1701 du Conseil de sécurité exige le retrait de toutes les forces étrangères du sud du Liban.
Contexte régional et implications
Cette annonce intervient dans un contexte de tensions accrues entre Israël et l'Iran. Le Hezbollah, qui dispose d'un arsenal estimé à 150 000 roquettes et missiles, a intensifié ses tirs vers le nord d'Israël depuis 2023, provoquant le déplacement de plus de 80 000 Israéliens. En représailles, Israël a mené des frappes aériennes et une incursion terrestre en 2024, qui a conduit à l'occupation partielle du sud du Liban. Les États-Unis, allié clé d'Israël, ont appelé à la « retenue » tout en réaffirmant le droit d'Israël à se défendre. L'Union européenne a pour sa part exhorté les deux parties à revenir à la table des négociations.
Impact humanitaire
La prolongation de l'occupation israélienne aggrave la crise humanitaire dans le sud du Liban. Selon l'UNICEF, plus de 200 000 civils ont fui leurs foyers depuis le début de l'offensive, et les infrastructures locales, notamment les hôpitaux et les écoles, sont gravement endommagées. Le Croissant-Rouge libanais a signalé que 45 % des puits d'eau potable de la région sont hors service, exposant les populations à des risques sanitaires.



