Wes Streeting, l'ancien ministre britannique de la Santé, a officiellement annoncé sa candidature pour remplacer Keir Starmer à la tête du Parti travailliste et devenir Premier ministre. Cette décision intervient alors que Starmer fait face à une grave crise de légitimité. Streeting a démissionné du gouvernement jeudi dernier et s'est déclaré candidat samedi.
Un appel à la compétition interne
Lors d'un discours samedi, Streeting a souligné la nécessité d'une « véritable compétition » au sein du Labour pour choisir un successeur à Keir Starmer. « Et je me présenterai », a-t-il affirmé. Il assure bénéficier du soutien nécessaire de députés pour se lancer, mais préfère attendre que tous les candidats potentiels puissent concourir, notamment le maire du Grand Manchester, Andy Burnham, issu de l'aile gauche du parti.
Un profil de droite au sein du Labour
Wes Streeting, 43 ans, représente l'aile droite d'un parti que Keir Starmer avait recentré lors des élections législatives de 2024. Sur le plan idéologique, il a plaidé samedi pour un retour du Royaume-Uni dans l'Union européenne, qualifiant le Brexit d'« erreur catastrophique ». Connu du grand public pour ses interventions médiatiques défendant l'action gouvernementale, Streeting est un réformiste dans la lignée de Tony Blair, mais il est peu populaire auprès de l'aile gauche du Labour.
Réformer le NHS
Depuis son entrée au gouvernement en juillet 2024, sa mission principale a été de « réparer » le National Health Service (NHS), miné par des années de coupes budgétaires, des listes d'attente interminables et des grèves répétées. Parmi ses réussites, il cite la réduction des délais d'attente pour les soins, même si certains estiment qu'il aurait dû réformer plus en profondeur le service public.
Ambitions précoces et controverses
Dès l'automne dernier, des rumeurs sur ses manœuvres pour renverser Starmer circulaient dans les médias. Streeting les avait alors démenties, les qualifiant de « catégoriquement inexactes », accusant les alliés de Starmer de l'attaquer en « traîtres ». Cependant, ses ambitions étaient claires pour ce député d'une circonscription du nord-est de Londres.
Parcours personnel et origines modestes
Dans sa biographie, Streeting met en avant ses origines modestes : ses parents, âgés de 17 et 18 ans à sa naissance, n'avaient pas de berceau pour lui, et il a grandi dans un HLM de l'Est de Londres. Premier de sa famille à aller à l'université, il a étudié à Cambridge, où il a été président du syndicat étudiant. Chrétien pratiquant, il a révélé son homosexualité durant cette période, confiant que sa foi avait rendu difficile l'acceptation de sa sexualité. Il vit depuis 2013 avec Joe Dancey, un autre membre du Labour.
Engagement associatif
Avant d'entrer en politique, Streeting a travaillé pour l'association Stonewall, qui défend les droits LGBT au Royaume-Uni. « Je ne suis pas un politicien comme les autres. Je viens d'une famille ouvrière. J'ai financé mes études en travaillant et j'ai passé ma carrière professionnelle dans le secteur associatif », affirme-t-il.
Un possible handicap politique
Cependant, ses liens avec l'ancienne figure du Labour Peter Mandelson, désormais infréquentable, pourraient lui nuire. Mandelson l'a guidé lors de sa première campagne législative victorieuse en 2015. Streeting devra surmonter cette association pour convaincre les électeurs et ses pairs.



