La nouvelle défaite de l'Aviron Bayonnais à Lyon (42-35) a au moins permis au jeune ailier bayonnais de 20 ans, Tom Lévêque, de se signaler. Il signe un match abouti et son premier essai en professionnel. De bon augure pour l'avenir.
Un parcours semé d'embûches
De Lyon à Lyon, du Groupama Stadium à Gerland, onze mois séparent les deux voyages de l'Aviron Bayonnais. Beaucoup d'eau a coulé depuis entre Saône et Rhône, mais toujours moins qu'en bord d'Adour. Que reste-t-il du groupe demi-finaliste de juin dernier ? Un joli souvenir, gâché depuis de nombreux mois. Le club campe un peu plus à la 12e place du championnat après son revers sur le terrain du LOU (42-35), à des années-lumière de son rang du précédent opus.
La partie n'a pas été la pire des Bayonnais, ce samedi, loin de là. Certes, la barre des quarante points a été franchie pour la 13e fois (en 27 matches) de la saison, mais s'il fallait retenir un motif de satisfaction, ce serait Tom Lévêque. Le jeune ailier disputait seulement son troisième match professionnel, le deuxième comme titulaire, et le premier en intégralité, ou presque. Il n'est sorti que dix minutes (15e-25e), le temps du carton jaune de Facundo Bosch, afin de permettre l'entrée en jeu de Lucas Martin.
Un premier essai en Top 14
Que retenir de sa prestation ? Son premier essai en Top 14, déjà. Le premier des Basques ce samedi. Sept mois après ses débuts frustrants à Pau : une entrée en jeu de dix minutes et un retour sur le banc, surtout à l'infirmerie pour « une cheville déconnectée », comme il le disait dans les coursives de Gerland. Les ligaments sont touchés. Le joueur de 20 ans, qui a débuté à l'école de rugby de Mouguerre, prend son mal en patience au CERS de Capbreton.
Il revient en mars avec l'équipe de France U20 et plante un essai aux Écossais. « C'était beaucoup de revenir de blessure en représentant son pays, glisse-t-il. En plus, en marquant cet essai, j'étais encore plus content. » Autant que samedi ? La frayeur en plus. Le numéro 14, déséquilibré, a bien cru ne jamais franchir la ligne sur l'aile gauche, après une superbe feinte de passe dans laquelle a mordu Léo Berdeu (32e, 14-7). « C'est une sensation plutôt cool. »
Une fin de saison utile pour les jeunes
La fin de saison de Bayonne ne sert à rien. Sauf pour des profils comme le sien, qui peuvent se placer pour la rentrée. Lévêque a prolongé son contrat en décembre dernier jusqu'en 2029. « Quand les coachs donnent des opportunités, ça donne envie d'en faire plus », reconnaît-il. À Lyon, s'il a manqué trois plaquages (pour huit réussis) et égaré autant de ballons, il a fait ce qu'il devait, avec 51 mètres gagnés, neuf courses avec la balle et quatre défenseurs battus. Sans pression. Une de ses forces.
« Les entraîneurs m'ont demandé de jouer mes duels, de garder mes ballons, de rester connecté défensivement avec ma ligne. Sur les ballons hauts, je devais challenger l'équipe adverse, l'embêter. J'ai abordé ça de manière décontractée. Je ne me mets pas trop la pression, moi. Je me dis que c'est un match comme un autre, comme si je jouais en espoir. » Ce samedi, la méthode a bien fonctionné.



