À Washington, les festivités du 250e anniversaire de l'indépendance américaine ont laissé un goût amer. Selon un reportage du Monde, les célébrations, censées être un moment d'unité nationale, ont été entachées par une organisation bâclée et une politisation exacerbée.
Un programme réduit et des moyens limités
Les organisateurs avaient prévu des événements grandioses, mais la réalité a été bien différente. Le défilé principal, qui devait rassembler des milliers de participants, a été réduit de moitié en raison de coupes budgétaires. Seuls 500 soldats ont défilé sur le National Mall, contre 1 200 initialement prévus. Les feux d'artifice, habituellement tirés au-dessus du Washington Monument, ont été remplacés par un spectacle de drones, jugé « décevant » par de nombreux spectateurs interrogés par le journal.
Une politisation qui divise
La cérémonie officielle a été marquée par des discours très partisans. Le président en exercice a utilisé son allocution pour critiquer ses adversaires politiques, provoquant des huées dans une partie du public. « C'est triste de voir que même notre anniversaire national devient une arme politique », a déclaré Mary Thompson, une enseignante de 54 ans venue de l'Ohio, citée par le Monde. Selon un sondage réalisé par l'institut Pew Research Center, 62 % des Américains estiment que les célébrations ont été trop politisées.
Des incidents sécuritaires
Les festivités ont également été émaillées par des incidents de sécurité. Un homme a été interpellé après avoir tenté de franchir une barrière de sécurité avec un couteau, sans faire de blessés. La police du Capitole a confirmé l'arrestation, mais n'a pas souhaité commenter l'incident. Par ailleurs, des manifestants pro-Palestine ont perturbé le concert prévu sur l'Esplanade, brandissant des banderoles et scandant des slogans. La foule, estimée à 200 000 personnes, a été dispersée par la police.
Un contraste avec les attentes
Les célébrations contrastent fortement avec le faste du bicentenaire en 1976. À l'époque, des millions d'Américains avaient participé à des fêtes de quartier et des défilés. Cette année, l'ambiance était morose, en partie à cause de la situation économique. « Les gens n'ont pas le cœur à la fête avec l'inflation et les crises politiques », a confié John Davis, un vétéran de 68 ans, au Monde.
Une cérémonie sauvée par la tradition
Malgré tout, certains moments ont suscité l'émotion. La lecture de la Déclaration d'indépendance par des acteurs en costumes d'époque a été applaudie. Le musée de l'Histoire américaine a enregistré un afflux de visiteurs, avec 15 000 entrées le jour de l'Indépendance, selon les chiffres fournis par la direction. « Cela montre que les Américains tiennent à leur histoire, même si les politiciens la gâchent », a commenté l'historien James Baker, de l'université de Georgetown.
Un bilan contrasté
Au final, ces 250 ans resteront comme un anniversaire en demi-teinte. Les autorités locales ont annoncé un bilan de 12 blessés légers et 34 arrestations pour troubles à l'ordre public. Les organisateurs promettent de « tirer les leçons » pour les prochaines célébrations, mais beaucoup doutent que l'unité nationale puisse être retrouvée dans un climat politique aussi clivé.



