Plus de 4 000 pompiers sont toujours mobilisés ce vendredi 3 juillet dans le Sud de la France pour lutter contre des incendies qui ont déjà ravagé près de 3 000 hectares de végétation. Selon un bilan provisoire des autorités, les départs de feu, attisés par un vent violent et des températures caniculaires, ont été signalés dans les départements des Bouches-du-Rhône, du Var et des Alpes-de-Haute-Provence.
Des renforts annoncés par le gouvernement
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, en déplacement dans la région, a annoncé l'envoi de moyens supplémentaires : « Nous allons déployer deux avions bombardiers d'eau supplémentaires et 500 pompiers venus d'autres régions pour épauler les équipes déjà sur place. » Il a également précisé qu'aucune victime n'était à déplorer pour l'instant, mais que plusieurs habitations avaient été évacuées par précaution.
Les pompiers, appuyés par des moyens aériens, concentrent leurs efforts sur les fronts les plus actifs, notamment près de la commune de Trets, où les flammes menacent des zones résidentielles. « La situation reste très difficile, le vent ne faiblit pas et l'humidité est très basse », a indiqué le lieutenant-colonel Jean-Marc Cazalis, porte-parole des sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône.
Un dispositif exceptionnel pour faire face à la crise
Le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a activé le niveau maximal du plan Orsec, permettant une coordination renforcée entre les services de secours. Des routes ont été coupées et des campings évacués dans les zones les plus exposées. À ce stade, plus de 1 500 personnes ont été mises en sécurité.
Les conditions météorologiques restent préoccupantes : Météo-France maintient une vigilance orange canicule dans six départements du Sud-Est, avec des températures dépassant les 38 °C. L'épisode de sécheresse, couplé à des rafales de vent atteignant 80 km/h, favorise la propagation rapide des flammes.
Des incendies qui ravivent les inquiétudes sur le changement climatique
Ces feux précoces, survenant dès le début du mois de juillet, interrogent sur l'impact du réchauffement climatique. « Nous assistons à une multiplication des incendies hors saison habituelle, avec des surfaces brûlées record », a déclaré le climatologue Christophe Cassou, du CNRS. « La France doit adapter ses moyens de prévention et de lutte face à cette nouvelle réalité. »
Les associations environnementales, comme Greenpeace France, appellent à une meilleure gestion des forêts et à une réduction des émissions de gaz à effet de serre. « Chaque été, nous voyons les mêmes images, mais les mesures structurelles ne suivent pas », a déploré leur porte-parole.
Les pompiers restent en alerte, avec des prévisions de vents forts pour les prochaines heures. Le gouvernement promet un suivi en temps réel de la situation.



