Ouganda : le principal groupe de médias indépendant assiégé et fermé par l'armée
Ouganda : médias indépendants fermés par l'armée

Le principal groupe de médias indépendant d'Ouganda, la Vision Group, a été assiégé et fermé par l'armée ougandaise ce lundi 28 juin, selon des informations rapportées par ses journalistes. Les soldats ont encerclé les locaux du groupe à Kampala, empêchant tout accès et forçant l'arrêt de la diffusion de ses chaînes de télévision et de ses journaux.

Fermeture forcée et accusations de propagande

La fermeture intervient après que le Vision Group a diffusé des informations critiques à l'égard du gouvernement du président Yoweri Museveni, notamment sur la gestion de la pandémie de Covid-19 et les élections contestées de janvier 2021. L'armée a justifié cette action en accusant le groupe de médias de diffuser de la propagande et de menacer la sécurité nationale.

Selon un porte-parole de l'armée, le lieutenant-colonel Deo Akiiki, la mesure a été prise pour « protéger l'intégrité de l'État » et empêcher la diffusion de fausses informations. Cependant, des organisations de défense des droits de l'homme, comme Human Rights Watch, ont condamné cette action comme une atteinte grave à la liberté de la presse.

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Réactions internationales et conséquences

La fermeture du Vision Group a suscité une vague de condamnations internationales. Le département d'État américain a exprimé sa « profonde préoccupation » et appelé le gouvernement ougandais à respecter la liberté des médias. De son côté, l'Union européenne a demandé la réouverture immédiate du groupe et la fin de la répression contre les journalistes.

Le Vision Group est le plus grand groupe de médias privé d'Ouganda, avec des journaux comme le Daily Monitor et des chaînes de télévision telles que NTV Uganda. Sa fermeture laisse un vide dans le paysage médiatique, déjà marqué par des pressions croissantes sur les médias indépendants.

Selon un journaliste du Daily Monitor, cité par l'AFP, « les soldats ont pris le contrôle des locaux et ont coupé toutes les transmissions. Nous ne pouvons plus travailler. »

Un contexte de répression médiatique accrue

Cette fermeture s'inscrit dans un contexte de répression accrue contre les médias en Ouganda. Depuis les élections de janvier 2021, plusieurs médias ont été suspendus ou ont vu leurs journalistes arrêtés. Reporters sans frontières classe l'Ouganda à la 125e place sur 180 dans son classement de la liberté de la presse en 2026, en baisse de plusieurs places par rapport aux années précédentes.

Le gouvernement ougandais a également renforcé les lois sur les médias, permettant des sanctions sévères pour les journalistes jugés critiques. Les experts estiment que cette fermeture pourrait avoir un effet dissuasif sur les autres médias indépendants du pays.

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