À l'occasion des 40 ans des Ballets de Monte-Carlo, célébrés les 3 et 4 juillet au Grimaldi Forum, le chorégraphe-directeur Jean-Christophe Maillot revient sur son parcours et sa complicité avec la princesse Caroline, fondatrice de la compagnie. La billetterie est sold out pour ces deux soirées anniversaire, qui promettent une création unique, mêlant fête de famille, partage avec le public et hommage à la princesse.
Une fierté de constance
Interrogé sur le vertige du temps qui passe, Maillot confie : « Ma plus grande fierté, sur 33 ans, est de ne pas avoir connu de déclin. » Il souligne la régénération annuelle de la compagnie : « Une saison, c'est une petite vie. » Cette constance est, selon lui, liée à la complicité avec la princesse Caroline, qu'il décrit comme « une relation de confiance qui n'a jamais été trahie. »
Une relation privilégiée avec la princesse Caroline
Maillot explique que la princesse ne lui a jamais rien imposé, mais qu'il a toujours cherché à ne pas la décevoir. « Je pense à elle souvent quand je fais mes choix. J'ai envie de la surprendre, de la provoquer parfois, j'ai envie qu'elle soit fière. » Il reconnaît que ce lien l'a protégé : « Cette relation privilégiée m'a sans doute protégé de pas mal de gens qui auraient trouvé le moyen de me faire partir. »
Le succès de « Ma Bayadère »
Son dernier ballet, Ma Bayadère, a particulièrement marqué les spectateurs. « L'émotion qu'a provoqué Ma Bayadère, c'est une émotion que j'ai ressentie très très vite dans le studio lors de la création », confie-t-il. Il précise que le processus a été étonnamment fluide : « À la fin de certaines journées, je pouvais avoir créé 3 ou 4 minutes de chorégraphie, ce qui ne m'arrive jamais. »
Une fête de famille et un hommage secret
Pour la soirée anniversaire, Maillot préfère garder le programme secret : « Je veux offrir à la princesse Caroline une soirée qui puisse la toucher. » Environ 400 danseurs sont passés par la compagnie, et il évoque une « famille artistique » avec une continuité d'esprit. Aujourd'hui, environ 60 % des danseurs le vouvoient, signe d'un changement générationnel.
L'avenir de la compagnie
À 66 ans, Maillot aborde la question de la suite : « Je ne suis pas éternel. » Mais il affirme avoir encore des projets, comme un film muet avec seulement de la danse. « Je suis plus en paix », conclut-il.



