Guerre en Ukraine : Lavrov accuse les États-Unis de domination économique et de rupture des accords
Ukraine : Lavrov accuse Washington de domination économique

Le conflit en Ukraine entre dans une phase critique alors que les tensions diplomatiques entre la Russie et les États-Unis s'intensifient. Sergueï Lavrov, le ministre des affaires étrangères russe, a vivement critiqué Washington dans un entretien accordé à la chaîne TV BRICS, l'accusant de mener une politique de « domination économique » mondiale et de ne pas respecter les « accords d'Anchorage » conclus en août 2025. Ces accords, selon Moscou, prévoyaient la cession pacifique du Donbass à la Russie, mais la Maison Blanche n'a jamais confirmé leur existence.

Une situation militaire tendue sur le terrain

Sur le front, les hostilités ne faiblissent pas. Dans la nuit du 9 février 2026, l'Ukraine a été la cible d'une attaque massive de la Russie, avec 11 missiles balistiques Iskander-M et 149 drones de type Shahed, Guerbera et Italmas. L'armée de l'air ukrainienne affirme avoir intercepté 116 de ces drones, mais des impacts ont été enregistrés sur 15 sites, causant des dégâts matériels et humains.

Les pertes civiles s'accumulent : à Odessa, un homme de 35 ans a été tué et deux autres blessés, tandis que dans la région de Kharkiv, une femme et son fils de 10 ans ont perdu la vie dans une attaque de drone. À Novovolynsk, une frappe russe a privé d'électricité plus de 80 000 personnes, obligeant les autorités locales à recourir à des générateurs pour maintenir les services essentiels.

Bilan militaire et avancées stratégiques

L'armée ukrainienne dresse un bilan contrasté du mois de janvier. Selon le général Oleksandr Syrsky, commandant en chef des forces armées ukrainiennes, 31 700 soldats russes ont été neutralisés en janvier, soit 9 000 de plus que les effectifs reconstitués par Moscou sur la même période. Cette affirmation s'inscrit dans une stratégie visant à infliger des pertes supérieures aux capacités de renouvellement de l'armée russe.

Parallèlement, l'Ukraine renforce sa coopération militaire avec la France. Une lettre d'intention a été signée pour développer une production conjointe d'armement, incluant des drones, des données et le transfert d'avions Mirage 2000. La ministre française de la défense, Catherine Vautrin, a visité une fabrique de drones à Kiev, soulignant l'importance de cette collaboration pour répondre aux besoins opérationnels des deux pays.

Accusations et réactions internationales

Sergueï Lavrov a également reproché aux États-Unis de ne pas avoir abrogé les sanctions imposées sous l'administration Biden, malgré les promesses de réconciliation. Il a déploré que « de nouvelles sanctions soient imposées » et que « une guerre soit menée contre nos pétroliers en haute mer », en violation selon lui du droit international.

En réponse, Matthew Whitaker, ambassadeur des États-Unis auprès de l'OTAN, a nié que Washington ait fixé une date butoir pour la fin de la guerre, affirmant que « les délais sont très dangereux dans cette situation ». Il a appelé à une solution pacifique et critiqué les pays européens pour leur manque de renouvellement des stocks d'armes, augmentant ainsi la pression sur l'industrie de défense américaine.

Développements économiques et humanitaires

Sur le plan économique, la Russie continue de cibler les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Le groupe Naftogaz, la plus grande entreprise pétrolière et gazière d'Ukraine, a signalé des attaques répétées sur ses installations, causant de sérieuses destructions d'équipements. Malgré cela, l'Ukraine a reçu 17 cargations humanitaires de 11 pays partenaires, incluant 774 groupes électrogènes et 40 unités modulaires pour soutenir son secteur énergétique.

Dans l'océan Indien, les États-Unis ont intercepté le pétrolier Aquila II, appartenant à la flotte fantôme russe, pour violation des sanctions. Cet incident illustre les efforts internationaux pour limiter les exportations illégales de ressources russes.

Alors que le conflit approche de sa cinquième année, les perspectives de paix restent incertaines. Les accusations mutuelles et les escalades militaires persistent, avec des implications profondes pour la stabilité régionale et mondiale.