ATD Quart Monde dévoile une étude sur l'exclusion scolaire des enfants pauvres
Étude ATD Quart Monde sur l'exclusion scolaire des enfants pauvres

Une recherche participative pour comprendre l'exclusion scolaire des enfants pauvres

Dans les couloirs de l'école Paul Lanvin, à Pontivy, une initiative remarquable a vu le jour. Pendant six années complètes, l'association ATD Quart Monde, en collaboration avec des syndicats, des mouvements pédagogiques et des fédérations de parents d'élèves, a mené une recherche participative approfondie baptisée « Cipes », signifiant « choisir l'inclusion pour éviter la ségrégation ». Cette étude a impliqué 12 classes d'écoles primaires, avec l'objectif de croiser les regards de chercheurs, d'enseignants et de militants ayant une expérience directe de la grande pauvreté.

Analyser les mécanismes d'exclusion à l'école

L'idée centrale de cette recherche était d'étudier l'accumulation des mécanismes d'exclusion scolaire qui affectent particulièrement les enfants issus de familles défavorisées. Marie-Aleth Grard, présidente d'ATD Quart Monde, a tiré de cette étude des préconisations concrètes pour mieux prendre en compte la grande pauvreté dans le milieu scolaire. Elle exprime un souhait fort : diffuser largement ces résultats dans d'autres établissements, afin de lutter efficacement contre l'orientation « ordinaire » des enfants pauvres vers des filières hors cursus scolaire.

Les chiffres révélés par cette recherche sont édifiants et soulignent l'urgence de la situation. Environ 72 % des élèves inscrits en section d'enseignement général et professionnel adapté (Segpa) et 80 % des élèves en unités locales d'inclusion scolaire (ULIS) proviennent de milieux défavorisés. Ces dispositifs, conçus pour traiter des difficultés scolaires ou des handicaps, accueillent ainsi une proportion très élevée d'élèves confrontés à la pauvreté.

Des questions cruciales sur la ségrégation éducative

Comment expliquer ce fort pourcentage d'élèves pauvres dans des structures qui ne sont pas spécifiquement dédiées à la difficulté sociale, mais plutôt aux défis académiques ou aux besoins particuliers liés au handicap ? Cette interrogation reste au cœur des préoccupations de l'étude Cipes, mettant en lumière les lacunes du système éducatif actuel dans la prise en charge des inégalités sociales.

La recherche participative a permis de documenter les processus subtils mais persistants qui conduisent à cette ségrégation, souvent involontaire, au sein des écoles. Les enseignants, chercheurs et militants impliqués ont partagé leurs observations et expériences, offrant une vision multidimensionnelle des obstacles rencontrés par les enfants de familles modestes.

Les préconisations issues de cette étude visent à transformer les pratiques éducatives pour favoriser une inclusion réelle et équitable. Elles incluent des formations pour le personnel enseignant, des ajustements dans les méthodes pédagogiques et une meilleure écoute des besoins spécifiques liés à la pauvreté. L'objectif ultime est d'empêcher que les difficultés sociales ne se traduisent par une exclusion scolaire systématique, garantissant ainsi à tous les élèves une chance égale de réussite.