La situation politique au Venezuela connaît un nouveau rebondissement avec l'arrestation de Juan Pablo Guanipa, une figure majeure de l'opposition, seulement quelques heures après sa libération de prison. Cet événement survient dans un contexte tendu, à la veille de l'adoption d'une loi d'amnistie historique dans le pays.
Une libération de courte durée
Juan Pablo Guanipa, âgé de 61 ans et ancien vice-président du Parlement, avait été libéré de prison le 8 février 2026, après avoir été détenu pendant près de neuf mois à Caracas. Sa détention initiale remontait à mai 2025, sur des accusations de complot électoral, avant d'être inculpé pour terrorisme, blanchiment d'argent, et incitation à la violence et à la haine.
À sa sortie, il s'était rendu à moto devant plusieurs prisons de la capitale, rencontrant des proches de prisonniers politiques et s'entretenant avec la presse. Cependant, cette liberté fut de courte durée.
Une arrestation controversée
Dimanche 9 février, le parquet vénézuélien a annoncé l'arrestation de Juan Pablo Guanipa, estimant qu'il avait enfreint les conditions posées à sa libération. Dans un communiqué, les autorités ont rappelé que les mesures judiciaires doivent être strictement respectées et ont demandé que l'opposant soit soumis à un régime de détention à domicile.
Selon l'entourage de M. Guanipa, son arrestation a pris la forme d'un enlèvement. Des hommes armés, vêtus en civil, sont arrivés dans quatre véhicules dans le quartier Los Chorros de Caracas et l'ont emmené de force. Maria Corina Machado, cheffe de l'opposition et Prix Nobel de la paix 2025, a dénoncé cet acte sur les réseaux sociaux, exigeant sa libération immédiate.
Réactions et contexte politique
Le parti de Juan Pablo Guanipa, Primero Justicia, a condamné cette arrestation, la qualifiant d'enlèvement perpétré par les forces répressives de la dictature. Son fils, Ramon Guanipa, a précisé que son père avait été kidnappé par environ dix personnes non identifiées.
Cette affaire s'inscrit dans un cadre plus large de libérations de prisonniers politiques au Venezuela. Sous la pression des États-Unis, le gouvernement intérimaire a promis, le 8 janvier, un processus de libération d'un nombre significatif de détenus. L'ONG Foro Penal a recensé au moins 35 nouvelles libérations ce dimanche, portant le total à près de 400 personnes remises en liberté depuis le début de l'année.
Autres libérations et perspectives
Parmi les autres opposants libérés figurent Freddy Superlano, 49 ans, connu pour avoir remporté le poste de gouverneur de l'État de Barinas, et Perkins Rocha, 63 ans, conseiller juridique de Maria Corina Machado. Ils avaient été arrêtés il y a un an et demi, suite à la réélection contestée du président Nicolas Maduro en juillet 2024.
Le chef du Parlement, Jorge Rodriguez, a promis que la loi d'amnistie serait définitivement adoptée mardi et que tous les prisonniers politiques seraient libérés d'ici au 13 février. Cependant, des familles et des ONG critiquent le rythme au compte-goutte de ces libérations, soulignant les défis persistants dans la transition politique du pays.
La dernière apparition publique de Juan Pablo Guanipa avant sa libération remontait au 9 janvier 2025, lorsqu'il accompagnait Maria Corina Machado à un rassemblement contestant l'investiture de Nicolas Maduro pour un troisième mandat. Cette nouvelle arrestation risque d'alimenter les tensions dans un Venezuela déjà divisé.