Des funérailles d'une ampleur inédite
Les autorités iraniennes s'attendent à ce que des millions de personnes participent aux funérailles du guide suprême Ali Khamenei, décédé à l'âge de 87 ans, qui débuteront samedi à Téhéran. Selon les médias d'État, le corps de l'ayatollah sera transporté à travers la capitale avant d'être inhumé dans un mausolée spécialement construit. La cérémonie devrait être l'une des plus grandes de l'histoire de la République islamique.
Un deuil national de cinq jours
Le gouvernement iranien a décrété un deuil national de cinq jours. Les drapeaux sont en berne et les écoles, universités et administrations publiques sont fermées. Les funérailles débuteront par une prière à l'université de Téhéran, suivie d'une procession jusqu'à la place Azadi. Le corps sera ensuite transporté à Qom, la ville sainte chiite, avant de revenir à Téhéran pour l'inhumation.
Une foule immense attendue
Les autorités ont mis en place des mesures de sécurité exceptionnelles. Selon le général Hossein Salami, commandant des Gardiens de la révolution, "des millions d'Iraniens de tout le pays sont en route vers Téhéran". Des bus et des trains supplémentaires ont été affrétés pour faciliter le déplacement des fidèles. Les funérailles de l'ayatollah Khomeini en 1989 avaient rassemblé environ 10 millions de personnes.
La succession déjà en cours
L'Assemblée des experts, chargée de désigner le successeur du guide suprême, s'est réunie en urgence. Selon la Constitution iranienne, un nouveau guide doit être élu dans les 50 jours. Le nom de l'ayatollah Ali Khamenei a été donné à son fils, Mojtaba Khamenei, comme successeur potentiel, mais aucune décision officielle n'a encore été prise. L'ayatollah Mohammad Ali Movahedi Kermani, président de l'Assemblée, a déclaré : "Nous ferons tout pour assurer une transition en douceur."
Réactions internationales
Plusieurs dirigeants mondiaux ont présenté leurs condoléances. Le président russe Vladimir Poutine a salué "un homme d'État exceptionnel". Le président chinois Xi Jinping a exprimé sa "profonde tristesse". En revanche, les États-Unis et l'Union européenne ont adopté une position plus réservée. Le porte-parole du département d'État américain a déclaré : "Nous prenons note de cet événement, mais notre politique envers l'Iran reste inchangée."
Un héritage controversé
Ali Khamenei a dirigé l'Iran pendant 36 ans, succédant à l'ayatollah Khomeini. Son mandat a été marqué par la répression des oppositions, le programme nucléaire iranien et le soutien à des groupes armés au Moyen-Orient. Ses partisans louent sa résistance face à l'Occident, tandis que ses détracteurs dénoncent une dictature. Les funérailles offrent un moment de rassemblement pour les loyalistes, mais aussi de tensions pour une partie de la population.



