Corée du Sud : le boom touristique des retraitées françaises fans de K-dramas
Boom touristique en Corée du Sud : les retraitées françaises fans de K-dramas

Depuis la pandémie, un phénomène inattendu bouleverse le tourisme sud-coréen : les retraitées françaises, fans de K-dramas, affluent dans le pays. Selon l'Office du tourisme coréen, le nombre de visiteuses françaises de plus de 60 ans a augmenté de 30% entre 2020 et 2025, représentant désormais 12% des touristes français.

Un engouement né des séries télévisées

Les K-dramas, ou dramas coréens, ont conquis un public mondial grâce à des plateformes comme Netflix. En France, les femmes retraitées sont particulièrement séduites par ces séries aux intrigues romantiques et aux décors pittoresques. « Je regarde des dramas tous les jours depuis ma retraite. Cela m'a donné envie de voir Séoul et Busan », confie Martine, 68 ans, interrogée par Libération.

Les agences de voyage françaises ont rapidement adapté leur offre. « Nous avons créé des circuits 'sur les pas des dramas' qui incluent les lieux de tournage, comme le village de Bukchon ou le palais Gyeongbokgung. Les réservations ont bondi de 40% en deux ans », explique Sophie Lefèvre, directrice de Voyages Corée.

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Un impact économique significatif

Cette nouvelle clientèle dépense en moyenne 2 500 euros par séjour, soit 20% de plus que le touriste français moyen. Les retraitées privilégient les hébergements de charme, les cours de cuisine coréenne et les shopping de produits de beauté. « Elles viennent avec une liste précise de choses à acheter, inspirées par les dramas », note Kim Min-ji, guide touristique à Séoul.

Le gouvernement coréen mise sur cette tendance pour diversifier son tourisme. « Les retraitées françaises sont un segment en pleine croissance. Nous investissons dans des formations en français pour les guides et des campagnes ciblées », déclare Park Jae-won, directeur adjoint de l'Office du tourisme coréen.

Des défis logistiques

Cependant, l'afflux pose des défis. Les lieux de tournage, souvent des sites historiques, peinent à gérer l'augmentation des visites. « Nous avons dû limiter les groupes à 15 personnes pour préserver les monuments », indique un responsable du palais Gyeongbokgung. Par ailleurs, les retraitées françaises réclament davantage de services en français, comme des audioguides et des menus traduits.

Malgré ces ajustements, l'engouement ne faiblit pas. Les vols Paris-Séoul affichent complets plusieurs mois à l'avance. « C'est un véritable phénomène de société. Les K-dramas sont devenus une porte d'entrée vers la culture coréenne pour une génération qui n'aurait jamais envisagé ce voyage auparavant », conclut Sophie Lefèvre.

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