Plusieurs maires et élus de la rive droite se sont réunis, jeudi 30 avril, au Pian-sur-Garonne, pour mettre ensemble le sujet du pont reliant Langon à Saint-Macaire sur la table. Coupé pendant cinq jours lors des inondations, il a paralysé tout un territoire.
Un pont vieillissant et vulnérable
« Le pont de Langon a été fait en 1970. Ça devait être une route insubmersible, ça ne l’est pas. Dès que dame Garonne sort de son lit, on est coupés de notre bassin de vie », a déclaré Didier Cousiney, le maire du Pian-sur-Garonne. Il voulait connaître l’état d’esprit des maires de la rive droite, en Sud-Gironde, « pour ne pas partir au combat tout seul ». Un combat « pour que les infrastructures changent ».
Un peu plus de deux mois après les inondations, il a réuni dans sa salle du conseil municipal une quinzaine d’élus de son secteur pour poser en particulier sur la table le dossier du pont reliant Saint-Macaire et Langon. L’ouvrage est resté coupé cinq jours pendant les inondations parce que le rond-point de la D1113 était sous l’eau, rive droite. Conséquence : toute la zone s’est retrouvée paralysée.
Un axe vital pour des milliers de véhicules
En moyenne, de 20 000 à 40 000 véhicules empruntent quotidiennement le pont. Un trajet qui ne prend normalement qu’une poignée de minutes pour rejoindre Langon prenait jusqu’à une heure, le trafic étant déporté par le pont de Béguey ou celui de La Réole.
« Pendant les inondations, il faut qu’il ne se passe rien de notre côté, peste Denis Chaussié, le maire de Saint-Germain-de-Grave. On est coupés de l’hôpital, des services d’urgence… » « La situation d’isolement est dure à vivre », confirme Dominique Scavaretti, le maire de Saint-Macaire, qui juge que le pont est « un axe structurant et indispensable ».
Des solutions multiples à l'étude
Quelles seraient les solutions pour le maintenir à flot ? Rehausser le rond-point ? Relever les digues ? Établir en amont des itinéraires bis ? Miser sur la voie ferrée ? « Il ne faut pas qu’on espère fonctionner pareil quand la Garonne déborde, mais on s’enlèverait pas mal de problèmes si cette D1113 était franchissable », pose Jérémie Gaillard, le maire de Caudrot. « C’est un coût financier mais ce serait intéressant de chiffrer les externalités économiques négatives avec tous les gens qui n’ont pas pu travailler. »
« Tout est possible techniquement, mais il faut avoir la volonté de le faire », veut croire Didier Cousiney. « Je ne comprends pas qu’en 2026 on ne puisse pas franchir 200 mètres de Garonne. »
Des déviations sauvages et des dégâts collatéraux
D’autant que la fermeture du pont a déporté le trafic vers des routes qui n’étaient pas adaptées, notamment sur les coteaux en direction du pont de Béguey, note Denis Chaussié. « Il y a eu des déviations sauvages », appuie Didier Cousiney. « Des communes comme Gabarnac, Laroque ou Monprimblanc ont eu des dégâts, et personne ne va les aider. »
« Il faut que l’on s’améliore, a reconnu le sénateur Hervé Gillé, parce qu’avec la récurrence des événements, on sait ce qui est devant nous. » Face au consensus, Didier Cousiney a promis de porter le sujet au niveau supérieur en sollicitant les communautés de communes du Sud-Gironde, le Département, la préfecture, le centre routier… Si l’eau s’est retirée, elle a laissé, en plus de la boue, de nombreux débats ouverts.



