Face au fléau des produits industriels ultratransformés qui saturent nos rayons, Yuka, foodwatch et France Assos Santé lancent une pétition pour exiger une régulation stricte du marketing et un étiquetage obligatoire. Les chips, les biscuits, les sodas, même les carottes râpées et bien d’autres plats préparés plus riches en additifs qu’en apports nutritifs… Le constat est sans appel dans les rayons de nos supermarchés : plus de 60 % des produits emballés appartiennent désormais à la catégorie des aliments ultratransformés, dont la dangerosité pour l’organisme est pourtant confirmée par des centaines de publications scientifiques de référence internationale selon les experts du secteur.
Une situation alarmante
Alors que la culture du sport et du bien-être est omniprésente sur les réseaux sociaux, c’est surtout l’influence de l’industrie agroalimentaire qui pèse dans nos assiettes et dans celles de nos enfants. Les aliments ultratransformés représentent 34,2 % chez les adultes et 49,3 % chez les enfants, selon un article basé sur l’étude Esteban. Julie Chapon, la fondatrice de l’application Yuka, souligne que « la France est une mauvaise élève en matière d’alimentation ultratransformée. Une calorie sur deux consommée par les enfants en provient, contre 33 % en Belgique et 25 % en Italie. »
Une pétition pour les encadrer
Malgré les engagements diplomatiques récents et les alertes répétées sur les risques de maladies chroniques, ces produits ne bénéficient toujours d’aucun encadrement législatif strict, permettant aux fabricants de multiplier les stratégies de promotion agressives qui, selon les auteurs de la pétition, rappellent celles développées par l’industrie du tabac. Les associations foodwatch et France Assos Santé dénoncent une saturation publicitaire numérique où il devient inacceptable pour les organisations de faire peser uniquement la responsabilité sur les consommateurs, alors que l’environnement est structuré pour favoriser des choix délétères mais très rentables.
Un appel à l'action politique
Face à cette situation, les collectifs réclament une action politique immédiate, car dans un environnement saturé de produits conçus pour être toujours plus attractifs, prétendre que la situation relève du choix individuel est un discours à la fois inefficace et inacceptable, selon les termes de leur appel commun.
Un étiquetage clair et obligatoire
L’instauration d’un étiquetage clair et obligatoire devient une priorité absolue pour les signataires, qui s’appuient sur les réussites observées au Chili ou au Pérou, où Julie Chapon souligne que ce type de système d’avertissement est efficace pour pousser les industriels à revoir la composition de leurs produits. À l’instar des effets du Nutriscore, qui indique la valeur nutritionnelle des produits et qui a poussé certains fabricants à adapter leurs recettes. Début avril, une proposition de loi soutenue par huit groupes politiques sur les onze que compte l’Assemblée nationale veut rendre ce dispositif obligatoire sur tous les supports publicitaires.



