À l’image de la mobilisation contre le Covid-19, la lutte contre le frelon asiatique nécessite un engagement global de la population. Les reines sont à cibler en priorité avant qu’elles ne pondent. Ainsi que le confirmait « Sud Ouest » en 2016 au terme d’une longue enquête sur l’origine du frelon asiatique en France, l’espèce s’est développée… à partir d’une seule femelle. Les analyses génétiques des spécimens sont formelles. Importée par mégarde dans des marchandises venant de Chine, une reine s’est épanouie dans le Lot-et-Garonne, où les premiers nids de frelons asiatiques ont été repérés en 2004. Fécondée par plusieurs mâles, elle a engendré une extraordinaire descendance s’attaquant aux abeilles. Des scientifiques avaient envisagé une extinction progressive des colonies par consanguinité. En 2023, l’hypothèse a été invalidée : lors de l’accouplement, « les reines sont capables de distinguer génétiquement les mâles très proches et moins proches grâce aux phéromones », expliquait le chercheur Éric Darrouzet.
Intervenir au printemps
« Les reines se réveillent à la fin de l’hiver et se mettent à construire leur nid. Dans un même temps, elles cherchent de la nourriture avant de pondre leurs larves. Un mois après, elles reçoivent l’aide de leurs progénitures. Le piégeage est alors inutile. Une colonie comprend entre 10 000 et 12 000 frelons », décrit Éric Nadeau, membre du Groupement de défense sanitaire apicole de Gironde (GDSA33). D’où l’importance de capturer les reines dès leurs premières sorties. Ce que recommande le plan national de lutte contre le frelon asiatique annoncé le 27 mars 2026 par le gouvernement.
Des appâts et des pièges sélectifs
En guise d’appât, Éric Nadeau recommande ce mélange : grenadine, vin blanc et levure de boulanger. Lors de ses démonstrations, il prône l’usage de pièges sélectifs, lesquels sont désormais vendus en jardinerie. Dans la Soule, à Mauléon-Licharre, l’entreprise Ornetin a lancé en 2025 une production industrielle de ses pièges. En Suisse, un ingénieur plasticien a créé un système, Good4Bees, qui ne capture que les frelons asiatiques et permet aux autres insectes de s’échapper… Les apiculteurs, eux, protègent leurs abeilles, notamment, avec des harpes électriques posées à l’entrée des ruches : les frelons se grillent les ailes tandis que leurs proies passent à travers.



