Études à l'étranger : les nouvelles destinations qui séduisent les étudiants français
Études à l'étranger : les nouvelles destinations des étudiants français

Partir à l'étranger pour parachever son cursus scolaire ou améliorer son CV apparaît aujourd'hui comme le plus sûr des accélérateurs de vie mais aussi de carrière. De leur côté, les grandes écoles françaises, qui doivent faire face à la chute de la démographie étudiante et à une baisse des financements publics, multiplient les campus au-delà de l'Hexagone pour recruter de nouveaux étudiants. Toutes font le même constat, mais développent des stratégies différentes, persuadées que les classements les plus prestigieux sont désormais mondiaux. Cette course à l'exportation d'une éducation nationale au savoir-faire reconnu n'est pas sans obstacle dans un contexte géopolitique toujours plus tendu où la politique des visas devient une arme. Les implantations ne s'improvisent pas et restent coûteuses dans un marché très concurrentiel. Les élèves, eux, rêvent d'horizons lointains et parfois exotiques comme le souligne le baromètre exclusif réalisé par nos partenaires de L'Express Connect. Ils ont pris le temps de méditer Lamartine : "Il n'y a d'homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie."

Des envies qui évoluent vers tous les continents

Timorés, les étudiants français ? "Il y a quinze ans, lorsque nous leur proposions de partir dans un pays d'Europe de l'Est, ils ne voulaient pas y aller. Aujourd'hui, ces destinations font partie intégrante de leurs vœux", constate Laurence Boiteux, la directrice des relations internationales de l'EM Normandie. Selon elle, les envies des jeunes ont évolué et concernent désormais tous les continents.

L'Asie en tête des destinations prisées

À commencer par l'Asie. Deux contrées touristiques à la mode séduisent particulièrement les étudiants : le Japon et la Corée du Sud. "Le pays du Soleil levant est loin devant puisqu'un quart de nos élèves en font la demande", relève Emmanuel Zenou, chef du service Relations internationales d'Isae Supaero, citant aussi Singapour. Très active sur le plan culturel, la Corée du Sud remporte de nombreux suffrages : + 207 % de mobilités diplômantes de Français entre 2018 et 2023, selon les chiffres de Campus France. "Nous avons aussi des demandes en Thaïlande, en Malaisie, etc., renchérit Laurence Boiteux. Et à l'avenir, nous en aurons certainement davantage pour l'Indonésie et le Vietnam."

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Plus loin encore, l'Australie et la Nouvelle-Zélande font rêver, mais restent difficiles d'accès, car nécessitant un bon niveau d'anglais et un budget élevé. Le tout avec un nombre de places limitées. De même pour l'Amérique du Sud, qui requiert une maîtrise de l'espagnol ou du portugais pour y envisager un semestre.

Le Canada, nouveau podium des destinations françaises

De leur côté, les États-Unis sont réputés toujours aussi onéreux et surtout moins ouverts à l'accueil d'étudiants internationaux ces dernières années. À l'inverse, le Canada se hisse désormais en haut du podium des destinations préférées des jeunes Français (+ 13 % entre 2018 et 2023 selon Campus France). "Le Canada a toujours plu, notamment le Québec, où l'on parle français, avec une proximité culturelle et historique. Et nous avons des accords d'échanges avec ses universités, sans frais de scolarité supplémentaires, ce qui est rare aux États-Unis", ajoute Jean-Baptiste Avrillier, président de la commission Europe et International de la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs, et directeur de Centrale Nantes.

Un recentrage sur l'Europe et des tendances inattendues

Et le Vieux Continent ? "Cette année, nous remarquons un recentrage évident, lié au contexte géopolitique. Les étudiants (et sans doute les parents), préfèrent partir moins loin", souligne Laurence Boiteux. Nos voisins restent des évidences. Toujours selon Campus France, le top 4 des Erasmus reste stable : Espagne, Italie, Allemagne, Belgique.

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Des nouvelles tendances assez inattendues

Néanmoins, quelques tendances apparaissent avec, comme le soulignait la directrice des relations internationales de l'EM Normandie, un cap à l'Est. La Roumanie émerge dans les cursus diplômants, notamment dans l'univers médical et vétérinaire. La Tchéquie et la Pologne se hissent dans le top 12 des destinations accueillant le plus d'Erasmus en 2024. Et les pays baltes, la Hongrie ou encore la Croatie attirent.

La cartographie évolue aussi en direction des pays nordiques. À Isae Supaero, Emmanuel Zenou ne compte plus le nombre de demandes pour la Finlande, la Suède, le Danemark et la Norvège : "Tout le monde y parle anglais, ce sont des contrées accessibles, à la fois européennes et exotiques". Le tout avec des universités renommées. Plus au Sud, le Portugal demeure un autre favori du moment. D'autant qu'il a mis en place "un quota de places dans l'enseignement supérieur pour les luso-descendants depuis 2022", précise-t-on du côté de Campus France. Or, la France en compte un million et demi. Enfin, depuis le Brexit, l'Irlande, membre de l'Union européenne et de la zone Euro, s'impose. "C'est un pays dans lequel il reste facile de partir étudier via Erasmus. Là où il faut un visa pour Londres", constate Jean-Baptiste Avrillier. Une situation qui pourrait rapidement changer : le Royaume-Uni a annoncé son retour dans le dispositif Erasmus en 2027.