200 ans de photo : les Français préfèrent leurs animaux à leurs enfants
200 ans de photo : les Français préfèrent leurs animaux

Alors que l'année 2026 célèbre les 200 ans de la photographie, le spécialiste des livres photos Cewe dévoile son Observatoire de la photo. Cette enquête, qui veut cerner nos nouvelles habitudes dans l'univers de la prise de vue, confirme une passion bien française autour d'un « langage » visuel. Mais les chiffres dévoilés sont aussi révélateurs d'habitudes nouvelles, voire inattendues.

En quête de futures tendances

C'est il y a pile 200 ans que Joseph Nicéphore Niépce parvint depuis sa propriété à Saint-Loup-de-Varennes (71) à fixer sur une plaque d'étain recouverte de bitume de Judée une image de manière stable. La photographie était née ! 200 ans après, elle occupe une place majeure dans nos vies. Si nous n'en doutions pas, une étude réalisée pour Cewe le confirme chiffres à l'appui. Connu pour ses livres photo, le groupe allemand Cewe a aussi voulu en savoir plus sur nos usages, nos attentes. « Cette étude permet par ailleurs de déterminer les futures orientations de notre business », confie à 20 Minutes Laurence Courtinat-Vernon, Présidente de Cewe France et Espagne, et Directrice régionale de l'Europe de l'Ouest et du Sud du Groupe allemand.

« Plus qu'un art, un langage »

Constat tout d'abord : « les raisons de prendre des photos restent assez classiques : conserver des souvenirs, souder ou rapprocher des familles, partager une émotion… 60 % des Français font d'abord de la photo dans ce but », rappelle Laurence Courtinat-Vernon. Néanmoins, la prise de vue n'est plus aujourd'hui un acte réfléchi, pensé, préparé, mais un automatisme. Soit, pour le dire sans mauvais jeu de mots, un « réflexe numérique » ! Ainsi, plus d'un Français sur trois prend des photos tous les jours. Mais selon la Présidente de Cewe France, « la photo est désormais devenue plus qu'un art pour s'imposer comme un langage ». Langage à travers lequel les moins de 35 ans s'expriment majoritairement : 53 % d'entre eux prennent ainsi des photos tous les jours, alors que la pratique reste plus occasionnelle au fur et à mesure que l'on prend de l'âge. 16 % seulement des plus de 50 ans prennent ainsi des photos quotidiennement, selon l'étude commanditée par Cewe. Pas étonnant, non plus, que les jeunes se soient approprié les outils photos intégrés aux réseaux sociaux (TikTok, Instagram, Snapchat…) : ils sont plus de 25 % (contre 10 % pour la moyenne) à les employer au moment d'appuyer sur le déclencheur, soit un jeune sur quatre. Rassurant, enfin : ces mêmes jeunes sont aussi ceux qui se laissent tenter par l'utilisation d'un véritable appareil photo. 22 % des 18-34 ans appuient occasionnellement sur le déclencheur d'un appareil photo numérique (contre 17 % en moyenne) ; 6 % sur celui d'un appareil photo instantané (contre 2 %) ; et 5 % sur celui d'un appareil photo jetable (contre 2 %). Une vraie passion pour l'image.

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Les selfies, marqueurs d'une génération

Mais l'Observatoire de la photo 2026 de Cewe révèle aussi des chiffres auxquels on ne s'attendait pas forcément. D'abord, celui de la part des Français prenant des selfies. Ou plutôt… « prenant encore » des selfies ! Alors qu'il y a quelques années, l'autoportrait s'était imposé comme un sport national (parfois avec les perches qui allaient avec !), nous ne serions plus que 10 % à nous prêter au petit jeu de ces ego trips numériques. « Les selfies restent le marqueur d'une génération, jusqu'à 35 ans. D'ailleurs, nous constatons à travers les albums photo que nous imprimons que la part des selfies présents y reste assez anecdotique », remarque Laurence Courtinat-Vernon, de Cewe. 10 % de selfies addicts, c'est deux fois moins que la part des Français qui photographient leur plat au restaurant. Nous sommes ainsi 20 % de food addicts à immortaliser nos assiettes avant de nous en régaler !

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Photographier son animal plus que son enfant

Mais s'il est une donnée issue de l'Observatoire de la photo 2026 de Cewe qui peut laisser sans voix, c'est bien celle du pourcentage des Français qui photographient leurs animaux, versus celui de ceux qui photographient leurs enfants… « J'en suis tombée de mon siège », confie ainsi la Présidente de Cewe France à 20 Minutes : « 33 % des personnes interrogées déclarent photographier leur animal de compagnie, soit. Mais elles ne sont plus que 31 % à photographier leurs enfants ». De quoi laisser dubitatif, en effet. Cette part est d'autant plus étonnante qu'elle ne se concrétise pas dans les impressions de photos ou de livres photos effectuées par Cewe. « Ce qu'on imprime dans notre labo de Montpellier est majoritairement lié aux voyages. Si nous proposons bien différents objets photos à imprimer dédiés aux animaux (comme des magnets, des porte-clés, des coques pour smartphones…), nous n'avons jamais constaté une déferlante d'impressions d'albums de chiens ou chats », s'étonne Laurence Courtinat-Vernon.

Plus de photos, plus d'impressions

Reste, selon l'Observatoire de la photo 2026 de Cewe que si nous prenons beaucoup de photos, nous les imprimons aussi en nombre. « C'est comme si l'abondance de photos numériques déclenchait l'abondance d'impressions », constate la Présidente de Cewe France face aux 60 % de personnes (70 % chez les 18-34 ans) qui déclarent imprimer une partie de leurs photos. Sur un marché de l'impression photo qui pèse au global 500 millions d'euros par an au pays berceau de la photo, Cewe et les autres labos se préparent à vivre l'une de leurs périodes d'activité les plus denses avec l'arrivée prochaine de la Fête des mères le 31 mai. En attendant, la présidente de Cewe affûte ses outils pour renforcer ses propositions. « Nous réfléchissons à des formules d'abonnements pour des impressions à l'année », confie à 20 Minutes Laurence Courtinat-Vernon. De quoi, sans doute, nous faire photographier plus encore… et imprimer davantage.

* Observatoire de la photo 2026, étude réalisée par l'institut Discurv en ligne du 2 au 7 avril 2026 auprès d'un échantillon représentatif de 1.000 Français âgés de 18 ans et plus.