Il y a des retours qu’on ne voit pas venir, et d’autres qui semblaient inévitables. Jacques Bianchi Marseille appartient à la seconde catégorie. Fondée dans les années 1970, la maison avait équipé la Marine Nationale avec sa JB200, une plongeuse de travail, boîtier 42 mm, couronne déportée à gauche, silhouette du plongeur gravée dans l’ADN du cadran. Elle avait ensuite disparu des radars. Puis, en 2021, un Kickstarter, une communauté qui répond présente, et Jacques Bianchi Marseille revenait, intacte dans l’esprit, modernisée dans les tripes : mouvement automatique, SuperLuminova ivoire, lunette 60 clics.
Un retour réussi et des déclinaisons fidèles
Depuis, la maison a enchaîné les déclinaisons sans jamais diluer l’essentiel. La Méduse, la Poulpro, la JB300 Profonde Titane co-développée avec un plongeur de l’U.S. Navy : chaque sortie a trouvé son public, souvent en quelques heures. C’est cela, l’effet des indépendants quand ils savent qui ils sont : ils n’ont pas besoin d’un réseau de boutiques pour créer l’événement. Une newsletter, une date, et la liste d’attente se forme.
La Headmark : une plongeuse au design fonctionnel et esthétique
La Headmark, donc. Cent exemplaires numérotés, disponibles à partir du 12 mai à 15h00 sur le site de la maison. Le cadran est noir mat, franchement noir, avec des index en lume ivory cohérents avec les modèles précédents. Ce qui change, c’est l’aiguille des minutes : entièrement orange vif, SuperLuminova C3, impossible à manquer même sous dix mètres. Une décision fonctionnelle puisqu’en plongée, c’est elle qui compte le plus, qui s’avère aussi, dans la lumière de juillet sur un poignet bronzé, une décision esthétique juste. La trotteuse joue l’écho : corps lume, pointe orange. Le boîtier en acier 316L traité PVD noir, 42 mm, 200 mètres d’étanchéité, lunette unidirectionnelle aux index appliqués à la main en Suisse. Son prix : 1 395 €.
Un mouvement qui dépasse les frontières
Ce mouvement touche bien au-delà de la France, et Genève en a pris acte. Lors de la première édition de Chronopolis, salon dédié aux maisons indépendantes qui s’est tenu en avril dernier dans la cité lémanique, Jacques Bianchi Marseille avait fait voyager la Headmark avant son lancement officiel. L’accueil dit tout : les collectionneurs savent désormais que les alternatives aux grandes manufactures suisses n’ont plus rien d’alternatif, elles sont simplement différentes, souvent plus directes, parfois plus honnêtes.
Un objet qui résiste au temps
Il y a quelque chose dans ces objets qui résiste au temps avant même d’y être confrontés, une densité tranquille, une évidence formelle qui n’a pas besoin de s’expliquer. La Headmark est de ceux-là. Avec l’été qui revient, c’est aussi le meilleur moment pour s’en convaincre.



