Rencontre délicate entre Marco Rubio et le pape Léon XIV au Vatican
Rubio et le pape : une rencontre sous tension au Vatican

Entre les façades en marbre et les files de touristes massés place Saint-Pierre se jouera ce jeudi 7 mai une rencontre diplomatique délicate. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio se rend au Vatican pour s’entretenir avec le pape Léon XIV. Une rencontre potentiellement tendue, alors que le président Donald Trump a multiplié les attaques contre le souverain pontife après ses critiques de la guerre en Iran.

Une visite très attendue

L'ex sénateur de Floride est attendu au Palais du Vatican vers 11h15, pour la première visite en près d’un an d’un membre du gouvernement américain. "Rubio bénéficie d’un certain respect au Vatican", estime le média romain Domani, repris par Courrier international, où il est jugé "plus prévisible et donc plus digne de confiance que J.D. Vance".

Prévue à huis clos, la rencontre entre le secrétaire d’État américain et le pape Léon XIV devrait durer une trentaine de minutes. Le fervent catholique de 54 ans doit ensuite s’entretenir avec le secrétaire d’État du Vatican, le cardinal Pietro Parolin.

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Les déclarations de Rubio

Marco Rubio assure que ce déplacement n’a pas vocation à apaiser des tensions avec le souverain pontife, premier pape de nationalité américaine. "Ce voyage n’est lié à rien d’autre qu’au fait qu’il est normal pour nous de nous engager dans ce genre d’initiative, et d’autres secrétaires d’État l’ont fait par le passé", a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse mardi à la Maison-Blanche. "C’est un voyage que nous avions prévu depuis longtemps, et bien sûr, il y a eu des événements entre-temps", a-t-il euphémisé.

Les tensions avec Trump

Le souverain pontife s’est attiré les foudres de Donald Trump ces dernières semaines après avoir critiqué la campagne militaire menée par les États-Unis et Israël en Iran. Il a également dénoncé, par le passé, la politique anti-immigration musclée mise en place par le président américain depuis son retour au pouvoir en janvier 2025. Après avoir qualifié le mois dernier le pape de "mauvais" et de "faible", Donald Trump a de nouveau affirmé, à tort, lundi, que le souverain pontife n’était pas opposé à une éventuelle acquisition de l’arme nucléaire par Téhéran. Il a ajouté que le pape Léon XIV mettait "beaucoup de catholiques en danger" en s’opposant à la guerre.

L'opinion publique américaine

Les attaques de Donald Trump sont impopulaires aux États-Unis. Le souverain pontife continue, de son côté, de défendre un message de paix, tout en rejetant fermement l’idée qu’il serait favorable à l’arme nucléaire. Aux États-Unis, les saillies du président américain créent un certain malaise dans l’opinion. Selon un sondage relayé par le Washington Post, le chef du Vatican bénéficie d’une image largement positive, y compris pour ses critiques de la politique américaine en matière d’immigration et sur le dossier iranien. La même enquête indique par ailleurs que 87 % des Américains ont une opinion négative d’une publication de Donald Trump générée par intelligence artificielle, le montrant en Jésus guérissant un malade sur les réseaux sociaux.

Contexte et perspectives

À noter que la rencontre du jour au Vatican intervient à la veille du premier anniversaire de la nomination de Léon XIV comme successeur de François. Le secrétaire d'État américain et le vice-président américain J.D. Vance, tous deux catholiques, avaient assisté l'an dernier à la messe inaugurale du pontificat de Léon XIV sur la place Saint-Pierre à Rome. Mardi lors de son point de presse à Washington, Marco Rubio a assuré qu'il envisageait lors de sa rencontre avec lui de discuter de Cuba et de préoccupations concernant les libertés religieuses à travers le monde.

Le chef de la diplomatie américaine se rend à Rome sans être accompagné par des journalistes à bord de son avion, ce qui est inhabituel pour de tels déplacements. Marco Rubio doit passer deux jours dans la capitale italienne, où il rencontrera vendredi la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni, qui a pris la défense de Léon face aux attaques de Donald Trump. Encore un autre dossier épineux.

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