Un décret publié au Journal officiel le 10 avril 2026 va entraîner une augmentation des factures pour près de 345 000 foyers employant des aides à domicile. À partir du 1er juillet, l'âge ouvrant droit à une exonération de cotisations patronales passe de 70 à 80 ans. Cette mesure ne concerne pas les personnes vulnérables, qui conservent leurs exonérations.
Un durcissement des conditions d'exonération
Jusqu'à présent, les employeurs d'aides à domicile âgés de plus de 70 ans bénéficiaient d'une exonération de cotisations patronales. Le nouveau décret, publié sans concertation selon l'Union nationale de l'aide, des soins et des services aux domiciles (UNA), relève cet âge à 80 ans. Environ 345 000 personnes seraient concernées, d'après nos confrères du Parisien.
Des conséquences pour le secteur
Cette réforme intervient dans un contexte de vieillissement de la population, où le maintien des dispositifs d'aide est crucial. L'UNA dénonce une publication sans concertation et malgré l'avis négatif de toutes les caisses de sécurité sociale (CNSA, CNAF, CNAV…). Les professionnels du secteur voient leurs conditions économiques se dégrader, notamment en raison de la hausse des prix du carburant et d'une reconnaissance salariale insuffisante.
Un effet rétroactif et des exceptions
Le décret a un effet rétroactif au 1er janvier 2026. Toutefois, les personnes vulnérables bénéficiant de la prestation de compensation du handicap (PCH), de la majoration pour tierce personne ou de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) conservent les mêmes conditions d'exonération qu'auparavant.
Réactions et mobilisations
Cette décision a suscité l'indignation dans le monde de l'aide à domicile. Des grèves et des manifestations ont eu lieu, comme à Béziers dans l'Hérault, où les aides à domicile ont demandé une augmentation des salaires et des indemnités kilométriques. Dans le Gard, des solutions urgentes sont réclamées face à la hausse du prix de l'essence. Par ailleurs, une grosse vague de création d'emplois d'aide à domicile est annoncée dans le Gard, avec un besoin de 300 personnes supplémentaires.



