Un travail génétique pour des brebis plus résilientes
Elles sont indissociables des paysages aveyronnais, mais aussi de ceux de la Lozère, du Tarn, de l'Hérault, du Gard ou de l'Aude. Les brebis lacaune, qui peuplent les six départements de l'aire de production du roquefort, sont au cœur d'un important travail de sélection génétique mené par l'Upra lacaune. Cet organisme, qui gère la première race ovine de France avec 1 100 000 bêtes, a tenu son assemblée générale fin avril. L'objectif : adapter l'animal à son territoire pour qu'il reste productif face aux évolutions climatiques.
Une race rustique face aux aléas météorologiques
La lacaune, race rustique originaire de la commune tarnaise, s'est imposée comme une référence. Mais sur les causses et ségalas où elle s'épanouit, elle subit sécheresses et grands froids. “Il y a une grande diversité de territoires”, souligne Michaël Dressayre, vice-président de l'Upra. D'où la nécessité de travailler sur la génétique. “La race intervient en tant que gardien de la généalogie. On doit être plus résilients face au changement climatique”, ajoute-t-il, sous le regard du président Ioan Romieu.
Plusieurs principes guident ces travaux : les évolutions doivent respecter l'identité de la race, et des indicateurs comme l'index synthétique permettent d'évaluer la qualité et la quantité de lait. “Aujourd'hui, on travaille notamment sur la résistance aux parasites internes, car un climat plus humide favorise leur développement. Ensuite, on essaie d'améliorer la longévité fonctionnelle de l'animal, c'est-à-dire repousser la retraite de la brebis”, expliquent les deux éleveurs, installés à La Cavalerie et Belmont-sur-Rance.
Des progrès visibles à moyen terme
Ces progrès se concrétisent sur un horizon de 8 à 10 ans, selon le directeur Pierre Arsac. Pour diffuser ces avancées sur l'ensemble du cheptel, l'Upra s'appuie sur 360 éleveurs sélectionneurs. Les résultats sont prometteurs : la race est en bonne forme. Implantée à 95 % dans son territoire d'origine, elle s'exporte même, notamment sur le bassin méditerranéen, grâce à sa qualité et sa capacité d'adaptation.
Une production laitière majoritaire
La production laitière concerne environ 75 % des bêtes, destinée au roquefort, mais aussi au pérail, à la feta ou à des fromages basques et corses. La viande complète cette activité. Dans un contexte agricole difficile, la race lacaune démontre une large capacité de production.



