À Montpellier, un mystérieux cube métallique a déclenché une enquête lors d’un spectacle participatif dans le quartier de la Mosson. Quelques participants de La Nuit des Gémeaux ont pénétré dans ce cube apparu au sein de la résidence. Le collectif Le Cri Dévot, fidèle à son travail de création partagée, investit la résidence Les Gémeaux, dans le quartier de la Mosson, avec une vingtaine d’habitants et de jeunes du quartier pour une création immersive en plein air mêlant science-fiction, son et vidéo, les 6 et 7 mai à Montpellier.
Un projet construit avec les habitants
Fin mars, le collectif Le Cri Dévot présentait Eddy, sa nouvelle création adaptée du roman best-seller d’Édouard Louis, En finir avec Eddy Bellegueule. Une pièce jouée dans les lycées du département avec des lycéens. Cette semaine, changement de décor, mais un dispositif similaire pour La Nuit des Gémeaux, nouvelle création partagée du Théâtre Jean-Vilar. Celle-ci est jouée au sein de la résidence des Gémeaux, dans le quartier Mosson, une réunion d’immeubles composée de 300 logements sociaux, soit près de 1 000 habitants. Fidèle au travail accompli depuis une quinzaine d’années, le collectif mêle artistes professionnels et amateurs. « Les participants sont intégrés à toutes les étapes : écriture, jeu, fabrication du spectacle. C’est au cœur de notre identité artistique », confie le metteur en scène Camille Daloz, co-concepteur du spectacle.
L’idée de cette nouvelle création est en effet d’aller à la rencontre des habitants. Pour cela, un important travail de terrain a été mené dès l’année passée avec l’aide du bailleur social Altemed : rencontres avec les associations, goûters partagés, ateliers. L’objectif a été de faire connaître le projet et d’impliquer les habitants. Au final, une vingtaine de jeunes – des élèves du collège Les Escholiers à des étudiants (des « kapseurs », engagés dans la vie du quartier) – prend part au spectacle. Des habitants ont aussi ouvert leur porte pour orchestrer le spectacle, qui combine son, vidéo et jeu. « Cette mixité sociale et générationnelle est très forte », résume Camille Daloz.
Une plongée dans la science-fiction
Contrairement à leur précédente création ancrée dans la réalité sociale, le collectif a choisi ici la science-fiction. « On voulait éviter une approche trop sociologique ou documentaire. La science-fiction permet de rassembler les générations et de porter un regard différent sur le quartier », indique le metteur en scène. Le point de départ est fantastique : l’apparition d’un mystérieux cube métallique au cœur de la résidence provoque des phénomènes étranges. Une bande d’adolescents mène l’enquête, dans une aventure à la fois intime et imaginaire. Le texte a été nourri par des ateliers d’écriture avec les habitants : « Ils ont pleinement participé à la construction du récit, en mêlant éléments personnels et fiction », souligne Camille Daloz.
Une forme immersive et sensorielle
Le spectacle épouse une forme immersive. Il est joué en extérieur. Il se déploie à 180°, sans scène frontale. Le public est invité à observer l’action tout autour de lui. L’univers est poétique et sensoriel, porté par un travail sonore et lumineux. L’équipe espère parvenir à mettre au point les projections vidéo, si la météo le permet. Quoi qu’il en soit, au pied des tours, le cube aura tenté le pari : faire lever les yeux, ensemble, vers un récit commun.
Mercredi 6 et jeudi 7 mai à 21 h. Résidence Les Gémeaux, rue de l’Albigeois, Montpellier. Gratuit.



