Une classe de seconde du lycée Jean-Aicard à Hyères pourrait bien contribuer à la préservation des salins. Depuis le début de l'année, les élèves de seconde 9, encadrés par leur professeur de SVT Julia Vitry, travaillent sur un projet intitulé « De l'eau verte à l'eau claire ». Leur objectif : concevoir un filtre écologique capable de limiter l'eutrophisation observée dans les salins en piégeant l'excès de nutriments dans l'eau. Ce projet a déjà été salué lors du Festival Lannion 2025 Science on stage à l'automne dernier et a été sélectionné parmi 85 projets de lycée pour participer à la finale nationale du 19e Concours CGénial, qui se déroulera le 28 mai prochain à la faculté des Sciences d'Orsay.
Un projet ancré dans le territoire
Julia Vitry explique sa démarche : « On fait des projets scientifiques, des concours tous les ans. Ils viennent de mes lectures, des documents scientifiques que je peux avoir, de mes réseaux aussi. J'essaye de partir toujours sur des trucs un peu locaux, après je guide, j'oriente. J'aime faire le lien avec le territoire. C'est chouette parce qu'il y a des gamins qui ne connaissent pas du tout le coin, ça leur permet aussi de découvrir leur territoire. On est parti de l'eutrophisation des salins, où plein d'algues se développent et ayant un impact sur la biodiversité. À nous de tenter de trouver une solution. »
Le projet bénéficie d'un suivi local, avec des contacts à la mairie et à la LPO. Les élèves ont réalisé des sorties terrain, des expérimentations en laboratoire, et ont utilisé des matériaux naturels et recyclés tels que le charbon actif Biochar, les coquilles d'huîtres broyées pour fixer les phosphates, et la zéolite pour les échanges d'ions. La spectrophotométrie a également été employée pour analyser l'eau.
Un prototype prometteur
Le dispositif expérimental vise à piéger les nutriments avant qu'ils ne favorisent la croissance des algues. Julia Vitry précise : « Ce qu'on fait, c'est un prototype, mais est-ce que ça aboutira ? C'est une grosse question. On a voulu mettre aussi des perspectives d'évolution parce que les causes sont tellement multiples qu'on va poursuivre le projet sur deux ans. » À la rentrée prochaine, de nouveaux élèves de seconde prendront le relais, aidés par quelques anciens qui souhaitent revenir. Le projet pourrait s'étendre à la filtration des pesticides, nitrates, phosphates, et même du mercure provenant des routes voisines.
Vers une solution durable
Julia Vitry envisage déjà la suite : « Le mouvement de l'eau. En installant des moulins ou hélices alimentés par des panneaux photovoltaïques sur flotteurs pour créer un courant en continu pour éviter le manque de dioxygène. Ce serait la prochaine idée pour finir un peu le projet. » Quant à la finale du 28 mai, la professeur reste modeste : « L'objectif c'est déjà de participer. Si, derrière ça peut déboucher sur quelque chose de concret dans les salins, c'est le but, c'est merveilleux. Avec ces projets, j'arrive à montrer du sens entre les sciences, l'économie, la partie touristique. »



